Pacifique Nininahazwe: Il y a des mots qu’on ne devrait jamais utiliser, même pour défendre un régime sanguinaire comme celui de Nkurunziza.

 

Les mots de Madame Christine Nina Niyonsavye, Ambassadrice du Burundi à Paris, le 30 août 2017 sur France 24, sont choquants. Le monde entier pensait aux victimes des disparitions forcées, le Burundi en compte entre 800 et 1200 depuis avril 2015 selon la FIDH. Nombre de dirigeants actuels sont des orphelins dont les parents ont également disparu en 1972. La disparition forcée est un drame terrible pour les familles des victimes. C’est comme « un assassinat d’un proche, renouvelé chaque jour et chaque nuit » me disait récemment Iradukunda Hortence dont le frère a disparu depuis le 26 décembre 2015.

Il y a une année environ, Irina Inantore se moquait des opposants qui fuient le Burundi et invitait ceux qui restent à se suicider. Quelques mois plus tôt, sans aucune expérience et en quelques semaines d’intervalles, elle avait été nommée Ministre du Commerce, Directrice à la SOCABU puis juge à la Cour Constitutionnelle. Celle qui se moquait des exilés est en ce moment dans un processus de demande d’asile au Canada.

Je n’ai pas le courage de commenter les mots de Madame Christine Nina Niyonsavye. Je peux juste les retranscrire ici:

« Évidemment en ce jour où on parle des disparitions forcées, c’est vrai qu’on reviendra sur certains noms qui ont été donnés au Burundi comme des disparitions forcées; et de ma part je pense que l’on compatit lorsqu’on n’ arrive pas à retrouver une personne qu’on aime ou qu’on a dans la famille que ce soit la famille, que ce soit le pays, que ce soit tout le monde. On compatit de la disparition, de ne pas pouvoir retrouver un individu. Mais parfois on ne sait pas exactement quels sont les motifs de disparition. Comment cette personne est partie? Parce que ce n’est pas seulement le fait de dire qu’ils ont disparu par le fait du gouvernement ou de la gouvernance ou des institutions de l’Etat, mais il y a parfois des personnes qui disparaissent de manière volontaire, qui partent et on ne les retrouve pas, et plus tard, des années plus tard on les retrouve soit dans d’autres pays quand ils ont changé de nom, quand ils ont décidé d’eux-mêmes de disparaitre. »

Il y a une année environ, Irina Inantore se moquait des opposants qui fuient le Burundi et invitait ceux qui restent à se suicider. Quelques mois plus tôt, sans aucune expérience et en quelques semaines d’intervalles, elle avait été nommée Ministre du Commerce, Directrice à la SOCABU puis juge à la Cour Constitutionnelle. Celle qui se moquait des exilés est en ce moment dans un processus de demande d’asile au Canada… Il y a juste quelques mois, la « députée » Lydia Irakoze se moquait de ceux qui dénoncent les violations des droits humains et alertent sur le risque de génocide au Burundi, depuis quelques semaines elle vit dans la peur depuis l’emprisonnement de son mari, un tout puissant milicien Imbonerakure Kiki Gahomera… Aujourd’hui elle commence à comprendre le sens des mots « droits de l’homme ». Des cas similaires sont légion. Je ne souhaite pas à Christine Nina Niyonsavye d’apprendre par expérience le drame des disparitions forcées.

Non Madame, Jean Bigirimana n’est pas en vacances dans d’autres pays où il aurait changé de nom. Non madame, vos propos sont honteux !

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