Quand Pierre Nkurunziza recourt à la théologie de la libération pour mieux endormir le peuple

Source: Burundi Solidarite Internationale 

Toujours pathétique et insensible à l’indicible douleur du peuple burundais dont il reste en réalité l’unique cause, Pierre Nkurunziza a pris l’option de se poser, non sans ironie, en ardent défenseur de ce même peuple. Pierre Nkurunziza ne carbure plus que pour la majorité pauvre et exclue. Il s’est érigé en un libérateur longtemps attendu. Un Zorro des temps modernes qui vole aux riches pour distribuer aux pauvres. Le peuple est sommé d’ouvrir les yeux pour ne rien rater de ses élans de magnanimité toujours zoomés, au détail.


Alors que le pays va de chaos en chaos suite à son vrai faux mandat présidentiel, Pierre Nkurunziza se sait plus prophète qu’autre chose.

Le compte à rebours de ses mandats ne l’a jamais fait sourciller. Il n’a que Dieu pour mandat. Pour parvenir sans heurts à ses desseins à vrai dire méphistophéliques, Pierre Nkurunziza s’est fait volontiers adepte de la théorie de la libération chère au peuple juif d’après la littérature biblique.

Pour lui, le principe basique est de formater littéralement l’esprit du peuple afin de se faire passer pour un véritable Deus ex machina. Un guide décidément missionné par le Tout Puissant, juste pour affranchir un peuple en détresse.

Son action salvatrice s’inscrit donc dans l’histoire biblique du peuple juif guidé par Dieu au-delà de la mer rouge et à travers le désert. C’est ainsi que, dans les séances de prières qu’il s’attelle à multiplier plus que jamais pendant ce 3eme mandat volé au peuple, Pierre Nkurunziza réitère toujours son engagement de conduire son peuple d’une terre d’esclavage à celle promise.

Sa réflexion pseudo théologique part donc d’une base spirituelle : le peuple rassemblé lit la Bible et y trouve ressources et inspiration pour prendre en main son destin.

Mais ce parallélisme avec les juifs de la Bible ne saurait aller davantage plus loin et Pierre Nkurunziza n’en disconviendra pas. Car au lieu de traverser, les Burundais sombrent, coulés par l’armada du prophète autoproclamé. La faim, la maladie, le feu des armes….tout charrie la mort au Burundi. Le sauveur est sans doute encore à attendre. La théologie de la libération lui sert alors d’arme de propagande pour s’incruster définitivement au pouvoir.

Sous ses dehors chrétiens (d’un born aigain), Pierre Nkurunziza continue à décocher, parallèlement ou concomitamment, des coches venimeuses et foncièrement haineuses à l’endroit des ennemis de la Nation, déjà déclarés. En cela Pierre Nkurunziza étonne et détonne à plus d’un titre. Sa vision du Burundi a ceci d’ambivalent qu’elle se veut à la fois biblique et fondamentalement dichotomique. Car s’il y a des bons dont il se prétend Guide éclairé, il y a aussi, dans le camp adverse, des méchants retors dont il souhaite l’immédiate destruction ; notamment l’Occident et ses alliés burundais que sont, cités pêle-mêle, les anti-« troisième mandat », les putschistes, les fondeurs, et bien d’autres empêcheurs de tourner en rond.

Dans les médias publics ou assimilés (les seuls qui lui restent, par ailleurs,) ces ennemis de la nation sont régulièrement la cible des joutes injurieuses des porte-voix de Pierre Nkurunziza qui essaiment l’administration, du sommet à la base. Le slogan constamment ressassé est le même : « le Burundi est victime d’un complot de l’Occident qui veut fouler aux pieds sa souveraineté pour mieux s’accaparer de son potentiel minier ». Le rejet de l’Occident se veut total. Lors de la récente retraite gouvernementale à Gitega, Pierre Nkurunziza a décidé de mettre fin à l’envoi de ses étudiants/cadre pour des formations afin d’arrêter la fuite des cerveaux dont l’Occident serait l’instigateur. Les différents rapports des instances onusiennes ou autres organisations des droits de l’homme sont autant d’occasions de manifestations populaires téléguidées et de discours enragés à leur égard.

Les réfugiés burundais ou ceux qui leur sont assimilés ne sont pas en reste. Dans l’une de ses chaudes prédications dans le cadre des récentes croisades de prières menées sous l’égide de son époux, Denise Nkurunziza a comparé les réfugiés à l’enfant prodigue évoqué dans la Bible. La métaphore laisse sans voix, pour celui qui connaît les tragiques circonstances dans lesquelles ils ont pris la clé des champs et le sort de ceux qui n’ont pas eu cette aubaine.

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