Encore et toujours des détournements des deniers publics dans le système DD

Source: Girijambo.info

 

Au risque de voir d’innombrables cas de malversations et de détournements des biens publics occultés par la situation politico-sécuritaire préoccupante du pays, le PPD-Girijambo s’est donné pour mission de révéler à l’opinion la situation catastrophique prévalant dans certaines entreprises publiques ou para publiques du Burundi. Le fait est qu’en l’absence d’une société civile et d’une opposition capables de jouer pleinement leur rôle citoyen de défendre réellement, à l’état actuel des choses, l’intérêt du peuple, les courtisans de Nkurunziza rivalisent dans la dilapidation du peu de moyens matériels et financiers dont dispose ce pays. Fort heureusement, il existe encore des patriotes qui sont nos yeux et nos oreilles grâce auxquels le “pays de Nyaburunga” pourra bientôt renaître de ses cendres. Le PPD-Girijambo y croit, dur comme fer!

Dans le présent article, nous mettons au grand jour ce qui se passe dans une institution qui s’illustre comme une incarnation de la honte en matière de malversation économique : l’Agence de Régulation et de Contrôle des Télécommunications (ARCT). Les principaux dossiers visés sont: Le dossier TACKTICOM, le dossier ASCOM,  le dossier SFM TECHNOLOGIES et le dossier EGALIS. De gros montants de ces quatre marchés ont déjà été payés en devise (le pays en manque cruellement!) mais aucun résultat visible et palpable n’a été obtenu jusqu’aujourd’hui.

* Dossier TACKTICOM: ce marché, dont l’Objet du contrat était « la fourniture et l’installation du Simulateur ictNetSim V3.0, la formation des acteurs ainsi que l’Audit tarifaire d’un opérateur de réseaux de télécommunications »  a été signé en date du 8.11.2014 pour un montant de 136. 485 Euros.

D’après les articles 7 et 8 alinéa 1 du Code des Marchés publics, la seule personne responsable des Marchés Publics pour le cas de l’ARCT est le Directeur Général. C’est lui qui engage les dépenses de l’Agence. A l’époque de la signature de ces contrats frauduleux, il s’appelait Déo Rurimunzu, un protégé de Félicien Nduwuburundi, chef des missions à la présidence de la République et de Zénon Ndaruvukanye,  un proche du général Bunyoni, aujourd’hui membre du Conseil des sages du CNDD-FDD. Curieusement, tous les documents relatifs à ce marché ont été signés P.O. par une personne incompétente, c’est-à-dire légalement non autorisée à accomplir de tels actes et c’est cette même personne qui a engagé illégalement les montants relatifs à ce marché. Elle s’appelle Médiatrice Bazizane, Directeur de la régulation Economique, des Finances et des Ressources Humaines. Une somme égale à 75% du montant du marché a par la suite été payée au soumissionnaire alors qu’il n’avait pas encore exécuté ses obligations y compris le paiement de la garantie bancaire. En conséquence, ledit Simulateur n’est pas utilisé à l’ARCT alors que c’était le résultat recherché par ” l’Etat ” du Burundi. L’Audit tarifaire d’un ou des opérateurs de la téléphonie mobile n’a jamais été effectué et les résultats n’ont jamais été publiés mais le Soumissionnaire a réclamé le paiement des 25% restants alors qu’il n’a rien produit comme résultat attendu. Au vu de ces choses, d’aucun se poserait la question sur les avis du Service des Affaires Juridiques de l’ARCT. Selon nos informations, il se pourrait que ce service n’ait pas été consulté. Affaire à suivre !

Sans surprise, du moins pour des observateurs avisés,  le dossier TACKTIKOM a été classé sans suite sans que l’Etat ait obtenu ce à quoi son argent avait été dépensé.

*Dossier ASCOM: Le contrat qui a été signé en date du 11.9.2013 porte sur le « Marché relatif à l’extension et à la mise à jour du Système de mesure de la qualité de service des réseaux fixes et mobiles fournis à l’ARCT par ASCOM » pour un montant de 231.722 USD.

Ce qui est particulièrement troublant dans ce dossier, c’est que tous les éléments du dossier frauduleux ont aussi été signés (P.O) par le Directeur de la Régulation Economique, des Finances et des Ressources Humaines en la personne de Médiatrice Bazizane, toujours en violation des articles 7 et 8 alinéa 1 du Code des Marchés publics qui pourtant indiquent clairement que la Personne Responsable des Marchés Publics est le Directeur Général. Aussi, toutes les dépenses relatives à ce marché ont été engagées par la même personne alors qu’elle n’en a pas la compétence. Mais rien de surprenant quand on sait que Médiatrice Bazizane qui vient de passer huit ans (ça n’arrive pas souvent) dans le même poste, est originaire de Gashikanwa dans la province de Ngozi; “dis-moi d’où tu viens, je te dirai qui tu es” diraient certains…

Autre fait suffisamment bouleversant: Le marché attribué à ASCOM et qui en réalité devrait être exécuté par ASCOM elle-même a été curieusement réattribué en 2014 à TACKTICOM. Le marché a subitement changé la dénomination et il est ré-intitulé: « Fourniture et installation du Simulateur ictNetSim V3.0, la formation des acteurs ainsi que l’Audit tarifaire d’un opérateur de réseaux de télécommunications ». Il est cette fois-ci passé en date du 8.11.2014 pour un montant de 136. 485 Euros.

Finalement, on se rendra compte que le dossier TAKTIKOM et le dossier ASCOM ne sont pas différents si on compare les intitulés des deux marchés. Malheureusement, tous les frais ont été payés, le dossier est clôturé et classé sans résultats visibles !

* Dossier SFM TECHNOLOGIES : société basée à Tunis, elle décroche un

“Contrat pour l’Elaboration d’un Projet de Loi sur la Cybersécurité au Burundi”. Le contrat a été signé en date du 05/10/2016 et tout le montant du marché qui s’élève à 38.940 USD a déjà été totalement payé par l’ARCT en date du 21/2/2017 par Ordre de Virement n°465253. La fraude dans ce dossier se situe au niveau du montant du marché qui est jugé énorme pour un tel travail. D’aucuns affirment que ce travail pouvait être fait par le Service Juridique de l’ARCT, ce qui aurait permis à l’État (s’il en existe encore au Burundi) de ne pas dépenser inutilement un si gros montant de devises au moment où elles sont devenues rares au Burundi. Ainsi, si l’on applique le taux de la Banque de la République du Burundi (BRB), on constate que l’élaboration d’un tel projet de texte a coûté plus de 60 millions de Francs Burundais. Quelle gestion des biens publics!

 *Dossier EGALIS : Deux marchés curieusement identiques portent sur deux types de contrat aussi semblables intitulés « Contrat pour l’Audit de la Qualité de service offerte par les opérateurs mobiles au Burundi »Les contrats ont  été signés le 19/02/2016 pour un montant de 60.000.000 FBU pour le premier et 120.000.000 FBUpour le second. Lesdits marchés ont été subdivisés en plusieurs phases, celle qui est en cours actuellement étant la 3ème. La somme de 60.000.000 FBU du premier marché a été déjà payée en totalité en 7 tranches et la somme de 120.000.000FBU sera payable en 13 tranches et reste en cours. La société EGALIS n’a jusqu’ici produit des résultats mais les sommes sont continuellement détournées et virées sur les comptes bancaires de cette société. Tout au moins, si les gestionnaires des biens de ce qui s’appelle “Etat” étaient honnêtes, la Direction Générale de l’ARCT devrait montrer avec précision les résultats déjà atteints à travers la passation de ces deux marchés. Au vue de ce qui précède, il va sans dire que cette folie dans les détournements des deniers publics est soutenue par la complicité  évidente des responsables de la gestion des biens et services de l’Etat au plus haut niveau. “La chèvre broute là où elle est attachée”, tel est le slogan que l’on entend de la bouche d’un bon nombre de responsables du parti au pouvoir. Il est donc normal que dans le contexte de pauvreté que vit le pays, chacun se sert comme il peut là où il est pourvu qu’il ait la “bénédiction” du Général x ou y. Entretemps, le Burundi fête le 7ème anniversaire de la proclamation de “la tolérance zéro à la corruption et aux malversations économiques” faite par l’un des plus corrompus de tous, à savoir le dictateur Nkurunziza Pierre.

Malheureusement, le petit fonctionnaire ainsi que les paisibles paysans continuent à souffrir de cette situation: des prix de l’eau et d’électricité qui passent du simple au triple en moins de trois ans, un prix du carburant qui va toujours croissant entraînant l’augmentation des coûts d’autres denrées de première nécessité, une qualité de l’enseignement qui va decrescendo faute de personnel compétent à tous les niveaux,… Et le Général Ndayishimiye a le culot de déclarer publiquement que tout va bien depuis que le CNDD-FDD est aux commandes. Quelques Imbonerakure pour leur part souhaitent à Nkurunziza un règne sans fin. Quel cynisme!

 

Source: Girijambo

 

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