Incapable de rendre justice: La justice burundaise est aujourd’hui considérée comme une machine répressive du pouvoir

 

La justice Burundaise est indépendante et est capable de juger ceux qui sont accusés de crimes divers. Voici un des arguments que le Burundi avait déployés pour se défendre des accusations de crimes contre l’humanité révélées par  la commission d’enquête des Nations Unies. Cependant, il n’est secret à personne que cette justice a du mal à juger tous les cas qu’elle a devant elle. Sans doute que les sanctions imposées au régime de Bujumbura par ses bailleurs dont l’UE vont aggraver cette situation. Un des cas qui normalement devraient prendre une priorité compte tenu de la nature des accusations portées contre les détenus est celui des militaires et policiers arrêtés au cours des deux dernières années.

Il y a un grand nombre de militaires et policiers en détention préventive de plus d’une année sans jamais comparaître devant un juge depuis le 17 septembre 2016, date de leur arrestation.  Lors de leur arrestation, le chef d’accusation était de vouloir renverser les institutions républicaines. Après leur comparution devant la chambre de conseil du tribunal de grande instance de Mukaza qui avait eu lieu au lendemain de leur arrestation, ils ont été tous transférés vers la prison de Ngozi. Pour le moment leur chef d’accusation aurait changé et ils sont désormais poursuivis pour participation aux bandes armées et détention illégale d’armes.

Ces militaires sont composés de onze sous-officiers et sept hommes de troupes. Ils sont tous de l’ancienne armée ex-FAB (Forces Armée Burundaises).  Ils avaient été détenus dans les locaux du fameux service national des renseignements (la documentation) ou  ils ont été horriblement torturés pour les forcer à signer d’aveux forcés. L’un de ces militaires, un adjudant du nom d’Eddy Claude NYONGERA a été liquidé au cours de l’interrogatoire après tortures graves et inhumaines, une liquidation qui a eu lieu une journée avant l’arrestation de ses coaccusés. Les services de sécurité ont alors déclaré que  le sous-officier en question s’était suicidé  au moment de l’interrogatoire. Une déclaration qui n’a jamais convaincu.

Les spécialistes du droit,  disent que des détenus ne devraient pas rester en détentions prolongées sans jamais comparaître devant un juge. Ils disent que c’est contre les procédures légales du code de procédures pénales en vigueur au Burundi. Ce retard de comparution devant des juges est une des raisons qui expliquent une surpopulation galopante dans les prisons du pays et une des raisons avancées par le commission d’enquête pour demander au tribunal international de se saisir du cas burundais ou tout le système judiciaire manque de moyens tant humains que logistiques pour s’acquitter de ses fonctions de rendre une justice équitable.

Ces militaires et policiers s’ajoutent à d’autres  détenus toujours qui croupissent dans les différentes maisons de détention sans jamais bénéficier d’une justice équitable. La justice burundaise est aujourd’hui considérée comme une machine répressive du pouvoir. Elle est totalement incapable de juger les hautes autorités du pays qui sont accusées de crimes.

 

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