La justice burundaise, outil de répression contre les militaires issus de la minorité tutsi

 

Depuis la crise qui a débuté avec le troisième mandat illégal et illégitime de Pierre Nkurunziza, les militaires de la composante sociale tutsi subissent une chasse aux sorcières par le pouvoir et sont sans défense. Certains sont enlevés, d’autres tués et bien d’autres subissent des traitements inhumains et dégradants jusqu’à subir la mort. Les uns croupissent dans des prisons, d’autres ont été portés disparus et un petit nombre a fui le pays vers les pays limitrophe et lointains.

Les cas du Sous Lieutenant Jean Claude Nkengurutse et de Sous lieutenant Martin Katihabwa sont emblematiques de cette chasse a l’homme contres les militaires issus de la minorité tutsi.

Ils ont été tous arrêtés au mois d’Août l’an 2016. Sous-lieutenant Jean Claude Nkengurutse a été arrêté dans les enceintes de l’ISCAM (Institut Supérieur des Cadres Militaires) quand il était avec ses promotionnelles entrain de faire des entraînements de remise en condition en préparation pour la fameuse formation du centre commando. C’était la journée du 10 Août 2016. Sous-lieutenant Martin Katihabwa lui a été arrêté à Nyanza Lac le 15 Aout 2016.

Après un mois de détention dans les cachots de la police militaire et ensuite dans les maisons de détention du service national des renseignements, ils ont été transférés vers la prison de Gitega. Mais leur dossier est resté au tribunal de grande instance de Muha dans la municipalité de Bujumbura. La confirmation de leur maintien en détention préventive a eu lieu au mois de Mars 2017 après plus de sept mois de détention abusive. Bien que le code pénal prévoie la signification du renouvellement de la mise en détention préventive du prévenu chaque mois pour leur dossier ça n’a pas été le cas.

Dans l’audience publique de ce mercredi, le tribunal de grande instance de Muha en déplacement dans la prison de Gitega, le ministère public les accuse de deux infractions à savoir l’atteinte à la sûreté intérieure de l’état et la participation aux bandes armées et dans les embuscades tendues aux différentes autorités et les attaques contre les camps militaires. Des accusations pour lesquelles le ministère public n’a pas pu formuler ou présenter des preuves tangibles. La défense et les prévenus plaident leur innocence et demandent leur libération parce que les infractions pour lesquelles ils sont poursuivis ont été formulées par le ministère public sur base des rumeurs et de suspicion. Le ministère public a requis une peine de trente ans pour sous-lieutenant Jean Claude Nkengurutse et une peine de trente-deux ans pour sous-lieutenant Martin Katihabwa avec une amande de 50.000 francs burundais. Le procès a été mis en délibéré et la sentence sera connue dans trente jours.

 

 

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