L’économie burundaise au point mort jusqu’en 2022: Le régime de Bujumbura se réveillera t-il à cette troublante réalité?

Après avoir fait des yeux doux à la Russie et la Chine sans résultats positifs, le régime de Bujumbura semble comprendre que la seule solution qui lui reste disponible se trouve au case de départ: renouer ses relations avec l’UE. Ainsi, la virulence qui s’observait dans les discours et tweets des autorités et ambassadeurs du régime commence à disparaître


Privé d’aides financières qui étaient le moteur de la croissance économique du pays, le Burundi connaîtra une stagnation économique jusqu’en 2022 selon les projections de la FMI.

Avec une population pourtant galopante, sa croissance démographique devrait continuer a grimper d’au moins 3.6% chaque année. Malheureusement l’économie ne va pas suivre cette croissance démographique comme le montre le graphe de la FMI qui montre la projection de la croissance du PIB.

Malgré les insultes, la confrontation et le dénigrement contre l’union européenne en général et la Belgique en particulier, le régime de Bujumbura semble comprendre que sans aides extérieures la situation économique risque de s’aggraver. Cependant, au lieu de chercher a rectifier le tir pour se conformer aux conditionnalités imposées aux receveurs d’aide européenne,  ce régime préfère faire des alliances avec d’autres pays africains pour faire pression sur l’union européenne enfin qu’elle lève les sanctions qu’elle a imposé contre le Burundi.

C’est dans ce sens de faire pression contre l’UE que la première vice-présidente du sénat, Spès-Caritas Njebarikanuye, en Belgique dans le cadre de de la 47ème session parlementaire ACP  a dénoncé la suspension unilatérale des aides directes de l’UE au gouvernement. Elle a supplié tous les pays africains et des Caraïbes et Pacifique, en particulier ceux de l’EAC de faire bloc commun pour réfuter et s’opposer aux sanctions que l’Union européenne a prises contre le Burundi.

Ainsi, ils s’étaientt livrés à une offensive contre les « impérialistes » occidentaux tout en faisant des yeux doux à la Russie et la Chine, allant même à côtoyer des pays considérés comme parias par la communauté internationale tels que l’Iran et le Cuba

Face à ses difficultés de pouvoir financer son budget, Bujumbura semble manquer d’une stratégie cohérente pour rassurer ses anciens partenaires. D’un côté, les hommes forts de Bujumbura avaient espéré pouvoir trouver d’autres bailleurs de fonds pour remplacer l’UE et la Belgique.  Ainsi, ils s’étaientt livrés à une offensive contre les « impérialistes » occidentaux tout en faisant des yeux doux à la Russie et la Chine, allant même à côtoyer des pays considérés comme parias par la communauté internationale tels que l’Iran et le Cuba.

Cette strategie était sans doute censé jouer un triple rôle: (1)rallier et rassembler les membres du parti au pouvoir sur un wagon nationaliste pour consolider son assise politique, surtout après une fracture interne et un coup d’etat qui avaient secoué la confiance  (voir arrogance) politique du parti; (2) s’attirer la sympathie des pays comme la Chine et la Russie traditionnellement opposés aux positions de l’UE dans l’espoir de pouvoir décrocher des aides financières pouvant remplacer celles de l’UE; (3) faire pression (ou chantage selon certains observateurs) contre ses anciens bailleurs de fond en invoquant tous les griefs (des fois valides, des fois exagérés ou simplement inventés de toutes pièces) qu’ils avaient contre certains pays comme la Belgique.

La virulence qui s’observait dans les discours et tweets des autorités et ambassadeurs du régime commence à disparaître

Maintenant que cette strategie semble avoir échoué, le régime de Bujumbura semble comprendre que la seule solution qui lui reste disponible se trouve au case de départ: renouer ses relations avec l’UE. Ainsi, la virulence contre l’occident qui s’observait dans les discours et tweets des autorités et ambassadeurs du régime commence à disparaître. L’ambassadeur du Burundi aux Nations unies, Albert Shingiro, un des ambassadeurs qui affichaient cette virulence contre l’occident en général  et l’UE déclarait récemment sur twitter qu' »il y a plus de choses qui unissent l’UE et le Burundi que celles qui les divisent. Les deux doivent se surpasser pour avancer. » Même le plus ardent défenseur du régime,  Willy Nyamitwe qui habituellement ne manque pas une bonne occasion de frapper l’ancien colonisateur, se contentait de déclarer sur twitter, son médium préféré que : « Le commémore le 56è anniversaire de l’assassinat du Héros de l’Indépendance, le Prince Louis . »

Cette douche froide doit certainement réveiller ce groupe qui contrôle les leviers du pouvoir à Bujumbura pour qu’il prenne sa responsabilité et entre en discussions avec ses bailleurs traditionnels enfin de débloquer cette situation qui va bientôt dure plus de 2 ans. Gouverner n’est jamais facile!

 

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