Les bons et mauvais élèves de l’Afrique francophone: Le Burundi se classe au premier rang en matière d’éducation des enfants au PASEC 2014

 

La Banque mondiale a récemment rendu public les résultats de l’évaluation internationale des acquis scolaires menée en 2014 dans 10 pays d’Afrique francophones. L’étude qui entre dans le cadre d’un Programme d’analyse des systèmes éducatifs (PASEC), vise à apprécier les compétences des élèves en mathématiques et en lecture. La Tribune Afrique détaille ici les résultats obtenus par les 10 pays en fonction de leur performance dans le secteur tout en mettant en évidence les aspects positifs et les limites tels que relevés par les experts de la Banque mondiale.

 

Burundi

C’est l’une des surprises  du résultat de l’étude de la Banque mondiale. Le Burundi a obtenu les meilleurs résultats de l’évaluation PASEC 2014, puisqu’il se classe au premier rang en matière d’éducation des enfants, notamment pour les filles les plus pauvres, et d’égalité d’accès à une éducation de qualité. De mêmes, l’étude relève que les disparités entre les sexes, les riches et les autres sous-groupes de population sont minimes. « Cependant et malgré des résultats supérieurs à ceux de tous les autres pays couverts, seulement 34 % des enfants achèvent leur scolarité primaire en ayant atteint le niveau de maîtrise suffisant défini par le PASEC pour les mathématiques et la lecture » ont mis en évidence les experts du rapport, lesquels justifient ce problème par l’amplification des taux d’achèvement du primaire relativement bas par comparaison avec d’autres pays du programme.

Sénégal

Selon l’évaluation de la Banque mondiale, sur les 10 pays ayant participé à l’évaluation PASEC 2014, le Sénégal se classe au deuxième rang pour la proportion d’enfants qui terminent le cycle primaire en ayant acquis des compétences suffisantes en lecture et en mathématiques. Le pays se classe également au deuxième rang pour l’éducation des filles les plus pauvres mais il recule au septième rang pour l’égalité d’accès à une éducation de qualité. « Les importantes disparités constatées entre les élèves les plus aisés et les élèves les plus pauvres montrent que si le Sénégal parvient à instruire ses enfants les plus riches, il lui faut améliorer également les acquis scolaires du reste de la population » ont recommandé les auteurs du rapport.

Congo

Sur les 10 pays ayant participé à l’évaluation PASEC 2014, la République du Congo se classe au troisième rang pour l’égalité d’accès à une éducation de qualité. Cependant, si le pays est également classé quatrième en matière d’éducation des filles surtout issues des milieux défavorisés, il n’arrive qu’à la septième place pour l’éducation des enfants. « D’importantes disparités persistent entre les résultats des élèves les plus riches et ceux des plus pauvres », a souligné le rapport prenant comme exemple le fait que les élèves appartenant à a catégorie des milieux riches devancent le reste de la population. Ce qui n’est en rien surprenant mêmes sur les autres parties du continent tout comme me constat que les écoles privées obtiennent de bien meilleurs résultats que les écoles publiques. Pour le Congo, « le principal défi consistera à améliorer les acquis scolaires des autres groupes de population, au-delà du quintile le plus riche ».

Burkina Faso

Sur les 10 pays ayant participé à l’évaluation PASEC 2014, le Burkina Faso se classe au quatrième rang pour l’égalité d’accès à une éducation de qualité mais au sixième rang pour l’éducation des filles les plus pauvres. Cependant, le rapport de la Banque mondiale a constaté que seul 28 % des enfants achèvent leur scolarité primaire en ayant atteint le niveau de maîtrise suffisant défini par le PASEC pour les mathématiques et la lecture. « Des disparités persistent entre les résultats scolaires des élèves les plus riches et ceux des élèves les plus pauvres, surtout chez les filles », ont noté les auteurs pour qui « améliorer les résultats scolaires des filles les plus pauvres sera donc un défi majeur pour l’avenir ».

Bénin

Le Bénin a été classé au cinquième rang pour l’égalité d’accès à une éducation de qualité et au troisième rang pour l’éducation des filles les plus pauvres. Toutefois, seulement un quart des enfants achèvent leur scolarité primaire en ayant atteint le niveau de maîtrise suffisant défini par le PASEC pour les mathématiques et la lecture. Pour la Banque mondiale, d’importantes disparités persistent entre les résultats scolaires des élèves appartenant à la classes sociale des riches et ceux du reste de la population.

Togo

Sur les 10 pays ayant participé à l’évaluation PASEC 2014, le Togo est arrivé au cinquième rang pour l’éducation des filles les plus pauvres et au sixième rang pour l’égalité d’accès à une éducation de qualité. Un quart des enfants achèvent cependant leur scolarité primaire en ayant atteint le niveau de maîtrise suffisant défini par le PASEC pour les mathématiques et la lecture. Pour la Banque mondiale, « s’il réussit à assurer l’éducation des enfants les plus riches, le Togo va devoir s’atteler à l’éducation du reste de la population ».

Cameroun

Le Cameroun s’est classé au sixième rang pour l’éducation des enfants, au septième rang pour l’éducation des filles les plus pauvres et au huitième rang pour l’égalité d’accès à une éducation de qualité. Avec seulement 23 % des enfants qui achèvent leur scolarité primaire en ayant atteint le niveau de maîtrise suffisant défini par le PASEC pour les mathématiques et la lecture, le rapport de la Banque a souligné les disparités importantes en matière d’apprentissage. Ces disparités  persistent notamment entre les élèves les plus aisés et les élèves les plus démunis, ce qui implique le défi majeur pour le pays, c’est  la réduction des inégalités d’acquis scolaires, particulièrement chez les plus pauvres.

Côte d’Ivoire

C’est un résultat qui n’honore pas la première puissance économique de la zone UEMOA mêmes s’il faut tenir compte du contexte qui avait prévalu, durant presque une décennie,  dans le pays et dont les répercussions sur le système éducatif vont au delà de l’année de la réalisation  de l’étude. Sur les 10 pays ayant participé à l’évaluation PASEC 2014, la Côte d’Ivoire a été classé au huitième rang pour l’éducation des enfants et pour l’éducation des filles les plus pauvres. Comme motif de satisfaction, le pays arrive au deuxième rang pour l’égalité d’accès à une éducation de qualité mais selon le rapport, les faibles disparités en termes d’acquis scolaires s’expliquent par la médiocrité des résultats obtenus dans l’ensemble du système éducatif. Il va falloir opérer une réforme en profondeur du secteur surtout pour accompagner les efforts du pays pour atteindre l’émergence que vantent les autorités. La Banque mondiale vient d’ailleurs de rendre publique un rapport d’analyse de l’évolution de la situation économique ainsi que de ses perspectives d’évolution de l’économie ivoirienne. La principale conclusion, c’est que pour accéder à l’émergence économique, le pays doit  au préalable réformer son système éducatif  en intensifiant les investissements publics et surtout en s’assurant de l’efficacité des dépenses budgétaires qui seront consacrées au secteur.

Tchad

Les résultats du Tchad, déjà pas du tout reluisants, auraient certainement été encore médiocres si l’évaluation a été menée cette année. Ce n’est certes pas le seul pays de la région qui fait face à une récurrence de mouvements sociaux qui perturbent les écoles, mais au Tchad, les grèves ont pris une véritable tournure inquiétante en début d’année scolaire c’est-à-dire en fin 2016. Si la situation est en train de s’améliorer en ce début d’année, les séquelles ne manqueront pas d’amplifier les défis dans ce secteur qui dans le PASEC 2014 déjà, se voit classé au neuvième rang pour l’éducation des enfants comme pour l’éducation des filles les plus pauvres et se situe au dernier rang pour l’égalité d’accès à une éducation de qualité. « Tous les sous-groupes de population en fonction du sexe, du lieu de résidence et des revenus obtiennent de mauvais résultats », a noté le rapport de la Banque mondiale qui a mis en exergue par la même occasion que la catégorisation entre écoles publiques et privées est « la seule différence notable qui existe ». Pour les auteurs du rapport, le renforcement des acquis scolaires dans l’ensemble du système éducatif apparaît comme le principal défi à relever pour le Tchad.

 Niger

L’onde de choc des piètres résultats obtenus par le Niger dans l’évaluation PASEC 2014 a été telle que les autorités du pays en charge de l’éducation ont été les premiers à réagir à leur publication par la Banque mondiale. Dans une conférence de presse sur la télévision publique, le ministre nigérien de l’enseignement primaire a promis la mise en œuvre d’un programme d’amélioration de la qualité du système éducatif du pays. Ce qui devrait se traduire par une évaluation de près de 72.000 formateurs recrutés ces derniers temps sur la base de différents systèmes adoptés depuis les années 2000, volontariat ou contractualisation, qui expliquent en partie la situation de l’école nigérienne. En cause, la formation assez « superficielle » des enseignants, ce qui impacte logiquement la qualité de l’enseignement scolaire. Sur les dix pays concernés par l’évaluation PASEC 2014, le Niger a été en effet classé au dixième rang pour l’éducation des enfants et pour l’éducation des filles les plus pauvres et se situe au neuvième rang pour l’égalité d’accès à une éducation de qualité. « Ces mauvais résultats concernent tous les sous-groupes de population, à l’exception des élèves qui fréquentent les écoles privées, dont les performances sont bonnes », ont noté les auteurs du rapport. Le bilan de la consultation ? « Des interventions à tous les niveaux du système éducatif sont nécessaires pour renforcer les acquis scolaires dans l’ensemble du pays », selon l’ordonnance de la Banque mondiale.

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