L’heure de rendre compte est arrivée: La commission des Nations Unies d’enquête sur le Burundi va demander à la Cour Pénale Internationale d’ouvrir une enquête sur les crimes commis depuis Avril 2015

Membres (dont l'actuel patron de la police de la sécurité routière) de la Police burundaise abusant un mineur dans un quartier périphérique de Bujumbura lors des manifestations contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza

Sans une volonté réelle des autorités burundaises de lutter contre l’impunité et garantir l’indépendance du système judiciaire, les auteurs de ces crimes resteront impunis. La Commission demande donc à la Cour pénale internationale d’ouvrir dans les plus brefs délais une enquête sur la situation au Burundi depuis Avril 2015.

C’est avec ces mots que termine une version modifiée avancée du résumé du rapport de la Commission des Nations Unies d’enquête sur le Burundi. Ce rapport sera présenté au cours de la 33ème session du Conseil des Nations Unies des droits de l’homme qui se tiendra du 11 au 29 Septembre 2017.

Et ces crimes dont la commission recommande à la Cour Pénale Internationale d’enquêter? Il s’agit d’exécutions extra judiciaires, d’arrestations et détentions arbitraires, de disparitions forcées, de tortures et de traitements cruels, inhumais, et de violences sexuelles.

Version modifiée avancée du résumé du rapport de la Commission des Nations Unies d’enquête sur le Burundi. Le résumé a été publié le 11 Août 2017

Quant aux auteurs de ces crimes, la cette commission des Nations Unies n’y va pas par quatre chemins: « La plupart de ces violations ont été commises par des membres du service national de renseignement, de la police, de l’armée et de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, communément appelés les Imbonerakure. »

Les groupes armés d’opposition ont aussi commis des atteintes aux droits humains mais, « celles-ci se sont avérées difficiles à documenter »  selon cette  Commission Onusienne d’enquête sur le Burundi.

Sans doute que le régime de Bujumbura est déjà au courant de la recommandation de cette Commission Onusienne à la cour pénale internationale d’enquêter les crimes commis depuis Avril 2015. Surement qu’il est aussi au courant que la plupart de ceux qui sont pointés du doigt sont soit des agents des services et forces de sécurité, soit des membres influents du parti au pouvoir, particulièrement de sa ligue de jeunes ainsi que de hautes autorités de l’appareil étatique et sécuritaire du pays.

Pour essayer de contrecarrer cette recommandation, l’Assemblée Nationale burundaise vient de créer une commission parlementaire spéciale chargée d’examiner le contenu des rapports d’enquête internationaux sur le pays. Selon les parlementaires burundais, comme le rapporte une agence chinoise d’information,  cette «  commission parlementaire pourra aussi « peser dans la balance », pour que des poursuites judiciaires soient engagées auprès des instances internationales, le cas échéant, contre des auteurs de fausses allégations relayées auprès des commissions d’enquête internationales ».

Une autre manœuvre qui visiblement est conçue pour embarrasser et exercer une certaine pression contre l’ONU est la publication par les services de communication de la présidence burundaise d’un document intitulé « Ou était l’ONU« ; un document qui accuse les Nations Unies de s’acharner sur les crimes commis en 2015 tout en oubliant de mener d’enquêtes sur les autres crimes commis depuis 1962.

Comme par le passé, Bujumbura vient donc de choisir la voie de confrontation, de contre-enquête et de menace contre les organisations internationales et autres individus qui auraient aidé dans ces enquêtes de l’ONU. Une voie qui risque de confirmer les accusations et manquements portés contre le pouvoir de Bujumbura, qui jusqu’ici n’a pas encore réussi à démontrer un sens de responsabilité de reconnaître au moins les crimes qui sont bien documentés et qui sont hors de tout doute.

A peu près un mois avant le retrait du Burundi de la Cour Pénale Internationale, il semble donc que l’heure de rendre compte est arrivée. Pour le régime de Bujumbura, l’heure de rendre compte des crimes commis contre ses citoyens, et pour la communauté internationale, l’heure de rendre compte d’une justice équitable aux victimes qui ne peuvent pas l’obtenir de leur pays.

Partager sur vos réseaux:

1 Comment on "L’heure de rendre compte est arrivée: La commission des Nations Unies d’enquête sur le Burundi va demander à la Cour Pénale Internationale d’ouvrir une enquête sur les crimes commis depuis Avril 2015"

  1. Pierre nkunzimana | 6 septembre 2017 at 05:40 | Répondre

    Pourquoi depuis 2015 comme si en 1972,1988,1993…rien n’a été au Burundi.

Leave a comment

Your email address will not be published.


*