La monnaie burundaise s’est dépréciée de 60℅ en deux ans, alerte l’OLUCOME

Le Burundi poursuit inexorablement sa descente aux enfers. Son économie mord la poussière. Dans un communiqué publié ce jeudi, 7 septembre à Bujumbura, l’ONG burundaise Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (Olucome) a tiré la sonnette d’alarme face à cette inquiétante dépréciation du franc burundais (Fbu).


En l’espace de près de deux ans, la monnaie burundaise s’est dépréciée par rapport au dollar américain à hauteur de 60℅, selon l’Olucome. «En 2015, un dollar s’achetait à 1700 Fbu contre 2720 Fbu en septembre 2017», a déclaré Gabriel Rufyiri, président de l’Olucome.

«Le taux de dépréciation monétaire est le plus élevé depuis l’existence du Burundi», a-t-il encore ajouté.

Cette dévaluation continuelle de la monnaie impacte les prix des produits et services de base. «A titre d’exemple, un sac de ciment qui s’achetait au mois de juin 2017 à 23.000 Fbu s’achète aujourd’hui à 32.000 Fbu ; soit une augmentation de 39.13℅ en trois mois», illustre l’Olucome. «Cette situation maintient le citoyen «dans une pauvreté sans nom», conclut cette ONG.

Pour remonter la pente, l’Olucome demande au gouvernement burundais de tirer la leçon de cette crise économique en opérant « un meilleur choix de pourparlers inter burundais externes » sans quoi Bujumbura aura accepté de maintenir la population « dans la misère ».

Privé de l’appui financier de ses partenaires classiques, dont l’Union européenne (UE) et surtout la Belgique, et après le gel de la coopération, Bujumbura manque de ressources. Le soutien européen représente plus de 20 % du budget de l’Etat burundais, selon l’UE.

Aujourd’hui, d’aucuns préconisent une reprise des relations avec les bailleurs de fonds habituels du pays et la décrispation du climat politique et sécuritaire pour relancer l’économie.

Le Burundi est le plus pauvre pays du monde avec un PIB par tête de 315.2 dollars, selon un rapport du Fonds monétaire international (FMI), rendu public le 11 février 2016. Ce pays d’Afrique centrale traverse une crise politique et sécuritaire depuis avril 2015, date de dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat contraire à la Constitution, d’après l’opposition, une grande partie de la société civile et de la communauté internationale.

Cette crise qui s’est aggravée après la réélection de Nkurunziza en juillet de la même année a déjà coûté la vie à plus de 1000 personnes et poussé plus de 400.000 personnes à prendre le chemin de l’exil, selon l’ONU et les ONG.

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