Comment Pierre Nkurunziza pourra-t-il financer du dedans tout le budget 2018?

 

« Même avec le financement extérieur, le gouvernement n’a jamais réussi par le passé à mobiliser la totalité de ses dépenses. Et c’est normal car même les pays développés reçoivent encore des aides »

La question taraude depuis quelques jours tous les Burundais, du simple citoyen au professeur d’université. Depuis que le Ministre en charge des questions budgétaires a mis le pied dans le plat. En effet, le 21 septembre dernier, Domitien Ndihokubwayo, Ministre des Finances, du Budget et de la Privatisation, a détonné et étonné plus d’un depuis la province nordique de Ngozi, fief adulé de son mentor Pierre Nkurunziza, en promettant que le Budget général de l’Etat sera désormais totalement une affaire du Burundi.

« Au moment où le budget général de l’Etat, exercice 2017, était financé à 70,3%, par des ressources internes, à l’avenir, le budget soit financé à 100% par des ressources propres », a-t-il ainsi laissé entendre. Il parlait d’un avenir très imminent. De 2018.

Dans cet élan démagogique, le Ministre a pris soin de taire un détail et non des moindres : le budget 2017 accusait déjà un déficit abyssal de 174 milliards de Fbu. Jamais comblé. Qu’en sera-t-il l’an prochain ? Il/on verra.
Dans tous les cas, les contribuables sont avertis : le prochain Budget sera financé à 100% par des impôts et des taxes. L’appel à casquer est peu feutré. C’est le moins que l’on puisse dire.
Sauf que le Ministre aurait tout faux. Aucun pays au monde ne peut se targuer de s’auto-suffire financièrement à ce point.

En effet, selon des économistes avisés, un pays comme le Burundi, avec sa croissance quasi nulle, ne saurait envisager carburer uniquement par ses propres moyens.
« Même avec le financement extérieur, le gouvernement n’a jamais réussi par le passé à mobiliser la totalité de ses dépenses. Et c’est normal car même les pays développés reçoivent encore des aides », a récemment fait remarquer Faustin Ndikumana, leader de l’ONG PARCEM (Parole et Action pour le réveil des consciences et le changement des mentalités).

Le Financier de Pierre Nkurunziza mise sur le levier impôts/taxes. Mais là encore, les économistes s’accordent à affirmer qu’une hausse des impôts influence négativement les investissements. « Trop d’impôt tue l’impôt ».
Du reste, qui pourrait investir aujourd’hui au Burundi ? Un pays dangereusement miné du dedans par Nkurunziza et sa clique. Non content d’avoir saigné le pays au propre comme au figuré, il a fait main basse sur toute son économie (ou ce qui en reste). Seuls ses multiples projets font florès. Et il en a des tonnes. Les as de l’humour lui ont déjà collé le sobriquet de « Ndimwo (je suis dedans)» qui lui va comme un gant. Quel que soit le secteur d’activité, il n’autorise aucune initiative économique sans s’assurer d’abord de sa part ou participation.

Voilà pourquoi, au moment où les ONG comptent les cas d’assassinats (une cinquantaine en septembre 2017, selon la Ligue Iteka), Pierre Nkurunziza se complaît dans l’accessoire ou le farniente, inaugure là une sandwicherie, ici un hôtel de campagne construit à ses frais. A propos d’hôtels, Pierre Nkurunziza s’est fait prendre en selfie, ce lundi, alors qu’il inaugurait l’Hôtel Ruhuka sur sa colline de Buye, à proximité du complexe sportif Urukundo dont il est aussi le patron.

Victimes de la crise qu’il a personnellement provoquée et alimentée, les autres hôteliers ont déjà mis la clé sous paillasson, notamment à Bujumbura. La filière est en faillite. Comme toute la Nation.
Il devrait plutôt prendre le chemin tracé du dialogue inclusif afin de trouver une solution négociée à la crise. C’est aussi ce que le monde entier ne cesse de lui rappeler.

 

Source: Burundi-Solidarite.org

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1 Comment on "Comment Pierre Nkurunziza pourra-t-il financer du dedans tout le budget 2018?"

  1. NDIKUMANA FERDINAND | 17 octobre 2017 at 00:13 | Répondre

    We are seriously suffering

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