Des hypocrites ou démagogues d’un populisme burundais?

 

Le mouvement populiste est en vogue aujourd’hui. Du nord au sud, de l’ouest à l’est, des politiciens s’insurgent contre l' »autre« . Aux Etats Unis d’Amérique, Donald Trump criait à la hauteur des ses poumons lors de sa campagne présidentielle des credos désormais familiers : « America First » (l’Amérique d’abord) et « Make America Great Again » (Refaire de l’Amérique  une puissance). En Angleterre, le « Brexit » mouvement avait un message aussi familier: « Take our country back » (reprendre notre pays) de la bureaucratie de l’Union Européenne.

A part quelques incidents, la sécurité des citoyens dans ces pays n’a jamais été menacée par ces discours populistes. Bien qu’il soit trop tôt pour mesurer  les conséquences et ramifications de ce mouvement populiste, il est fort probable que la stabilité de ces grandes puissances ne sera pas compromise.

Au Burundi, ce mouvement populiste menace la sécurité et l’intégrité d’un pays qui est déjà fragilisé par une pauvreté endémique. Des observateurs de la politique burundaise appellent les politiciens partisans de ce mouvement populiste des hypocrites et des démagogues qui ne s’intéressent point au bien-être de leurs concitoyens. Presque tous les weekends, le CNDD-FDD, parti au pouvoir invite des jeunes à défiler et faire des sit-ins devant des ambassades occidentales, la faim au ventre, sous le soleil accablant de Bujumbura pour insulter et venter leur colère contre les pays européens qu’ils voient comme source de problèmes que connait aujourd’hui le Burundi. Cependant, certains de ces politiciens gardent fièrement les passeports de ces pays européens dont ils restent citoyens naturalisés.

Des hypocrites?

Alain Nyamitwe

Possédant une double nationalité, il est burundais par naissance et belge par naturalisation. Sa famille ( femme et enfants) vivent en Belgique. Ce ministre burundais des relations extérieures, ne rate aucune occasion de s’insurger contre son pays adoptif, un pays qui abrite sa femme et ses enfants.

Ses détracteurs lui reprochent d’avoir mis sa femmes et enfants « à l’abri » en Belgique loin des troubles sécuritaires au Burundi qu’il qualifie pourtant de paisible. Une autre hypocrisie qui lui est reprochée est le fait qu’il traite les européens, en particulier les belges d’impérialistes néo-colonialistes qui n’ont jamais « aimé » le Burundi alors que sa famille se la coule douce dans le pays de ces néo-colonialistes; bénéficiant d’une éducation de qualité supérieure à celle offerte au Burundi,de soins de santé de loin supérieurs en qualité à ce qui est offert aux citoyens burundais par le gouvernement dont il est membre, et une sécurité qui manque cruellement dans le pays dont il est un des dirigeants.

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Christine Nina Niyonsavye

Ambassadrice du Burundi à Paris, Christine Niyonsavye est une militante de dernière heure au CNDD-FDD , le parti au pouvoir. Elle est toujours présente à toutes les manifestations organisées par le CNDD-FDD pour insulter « les colons belges » alors qu’elle même est de nationalité belge. Selon le Moniteur Belge publié lundi le 8 Septembre 2008, elle a été naturalisée en 2008.

En sa qualité de citoyenne belge, elle a aussi été candidate aux élections municipales de 2012 dans la municipalité de RixensartHuitième sur la liste des candidats du  groupe UC-PS (Union communale-Parti socialiste), Christine Niyonsavye voulait sans doute et avait le droit de participer au processus démocratique belge pour être une représentante  des « colons belges » de la municipalité de Rixensart.

Oubliant les valeurs de son pays adoptif, elle vient de choquer l’opinion en déclarant sur France 24 que les disparitions forcées des personnes au Burundi sont des « disparitions volontaires » et que son pays natal dont plus de 400,000 citoyens sont des réfugiés dans les pays des grands lacs, un pays où on enregistre plus d’une quarantaine de morts chaque mois n’est pas en crise.

 

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Willy Nyamitwe

Frère d’Alain Nyamitwe qui est ministre burundais des relations extérieures, ce communicateur autodidacte est l’incontestable maître des communications du régime de Bujumbura. Son visage est devenu la face du régime. Il est présent sur tous les média et est un usager prolifique des média sociaux, où il s’attaque tantôt aux impérialistes occidentaux, soit aux organisations internationales ou encore aux média tant nationaux qu’internationaux qu’il accuse de répéter des « ramassis » et de participer dans  une campagne de « médisance » contre son pays et son patron le président Pierre Nkurunziza.

Partisan de la technique propagandiste soviétique de « whataboutisme », il pousse le discours populiste aux limites de l’acceptable. Ainsi, il rejette toute critique, conseil ou observation des puissances occidentales ou des organisations internationales qui’il qualifie comme une attaque néocoloniale contre la souveraineté de son pays. Bien qu’il ne veuille pas écouter aux conseils des partenaires traditionnels du Burundi, il ne manque pas à s’insurger contre le fait que ces mêmes partenaires aient arrêté les aides financières au budget du gouvernement.

Il est lui aussi accusé d’une hypocrisie notoire pour avoir envoyé sa femme et enfants en « exile » aux Etats Unis d’Amérique alors qu’il ne cesse de dire à qui veut l’écouter que la paix règne sur toute l’étendue du territoire burundais. Pour lui, les corps sans vies qui sont découverts régulièrement sur les routes et dans les eaux des rivières du pays sont imputables à l’opposition qui tue ses propres membres pour ternir l’image du pays.

Ces cas, illustrent-il une nouvelle génération de politiciens qui n’ont pas honte de leur hypocrisie ou illustrent-ils les débuts d’une version burundaise du mouvement populiste qui est en vogue aujourd’hui?

 

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