Le régime de Bujumbura: « tout le monde est contre nous »

 

Selon le régime de Bujumbura et ses alliés inconditionnels, toutes institutions régionales, africaines et internationales ainsi que presque toutes les nations de cette planète « sont contre le Burundi ». Pour eux être mettre le régime en place devant ses responsabilités est en fin de compte être contre le Burundi.

Il est vrai qu’un pays est représenté par un gouvernement, mais confondre le Burundi en tant qu’Etat au régime de Nkurunziza n’est qu’une façon pour celui-ci de se cacher derrière le pays et ses citoyens pour se dérober de la responsabilité des crimes et autres maux qui sont commis en son nom.

Ainsi, ces derniers jours on vient d’observer un régime qui est allé dans un surmenage exceptionnel pour rejeter tous les rapport sur le Burundi. La Banque Africaine de Développement vient de sortir un rapport qui montre que l’économie du pays a été décimée par la crise de 2015 et qu’elle continuera sa souffrance dans un future proche. Ce rapport ne parle pas seulement de l’économie Burundaise, et elle loin d’ailleurs d’être la seule dans cette situation désastreuse. La BAD parle en détailles de la situations des économies africaines.

Les autres nations cherchent à disséquer ces chiffres de la BAD pour comprendre comment  se tirer du gouffre économique dans le quel ils se trouvent. Et la réponse du Burundi? C’est de rejeter cette étude de la BAD et présenter des chiffres qui « correspondent plus à la réalité sur terrain ». Le ministre de l’économie lui comme un vrai résidant d’une bulle coupée des réalités dans lesquelles vit le reste de la population burundaise balance le concept de croissance inclusive dans la conversation.

Pour lui quand la misère se partage et touche à tout le monde, elle est moins grave que si elle ne touchait qu’une partie de la population. Malheureusement pour lui, ce concept ne reflète point la situation économique au Burundi. On sait bien que la très infime minorité qui dirige le reste de la population avec un main de fer s’est bien forgée une vie confortable où voitures de luxe, des fois blindées, des accessoires vestimentaires en or sont devenus un mode de vie.

D’autres rapports accablants: Environs 70% de la population burundaise meurt de faim et a besoin d’aide alimentaire urgemment (selon une agence de l’ONU), la situation sécuritaire reste précaire (selon les organisations internationales des droits de l’homme), les maladies transmissibles comme le paludisme ravagent une population dont le système immunitaire est déjà affaibli par la famine, etc.

La réponse de Bujumbura et des ses alliées: « tout cela est faux. Tout va bien dans notre pays qui d’ailleurs est victime d’un complot international ». Tout le monde est apparemment contre le régime de Bujumbura, tout le monde sauf l’Iran, la Corée du Nord, la Serbie, la Turquie, le Venezuela et toutes les autres dictatures du monde.

Mais qui gagne ou perd dans tout cela?

Le perdant est sans doute la population qui dans sa misère ne verra aucune aide simplement parce que le régime qui se dit très proche de cette population faire croire a tout le monde que cette misère est imaginaire, que cette misère n’existe que dans les têtes de ses opposants ou de comploteurs internationaux qui veulent seulement créer une crise qui ne sera bénéfique que pour les  fonctionnaires des agences onusiennes qui se verront « octroyés » des postes « juteux à Bujumbura.

Et le gagnant? Il n’y a malheureusement pas de gagnant de cette logique tordue qu’a décidé de déployer le régime dictatorial de Bujumbura. Ce que les courtisans de Nkurunziza prennent pour une stratégie de défense est malheureusement devenue un moyen sûr de se discréditer eux-mêmes et le régime qu’ils tentent de défendre désespérément. Quand un régime va jusqu’à denier l’existence d’une crise alimentaire qui est pourtant apparente, il ne mérite point d’être pris au sérieux.

Voilà la légèreté avec laquelle le régime de Bujumbura traite la misère de ses citoyens. Voila la cruauté qui donne la priorité à la fierté nationale sur le bien-être des citoyens, voila le narcissisme d’un régime, d’un homme qui est prêt à se maintenir au pouvoir à tout prix

 

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