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Une campagne de diabolisation contre Antoine Kaburahe, fondateur du Journal Iwacu


Le journaliste n’a pas souhaité alimenter la polémique après la campagne de diabolisation lancé par plusieurs sites. Il réaffirme simplement ses convictions profondes.

Antoine Kaburahe, fondateur d'Iwacu

Depuis quelques jours, sur les réseaux sociaux, une campagne a été lancée contre vous. On vous accuse notamment d’avoir été auditionné au parlement« aux côtés du ministre Reynders » et d’avoir plaidé pour « asphyxier le Burundi ». Vous êtes resté silencieux sur ces attaques…

Que voulez-vous que je dise ? La seule fois que j’ai rencontré le ministre Reynders c’était au Burundi, je me souviens bien de la date, c’était le jour de l’attentat à Paris contre le journal Charlie Hebdo, le ministre était de passage et il a rendu visite à Iwacu.

Vous n’avez jamais été reçu au Parlement avec lui ?

Jamais.

Pourquoi ce mensonge ?

Je n’en sais rien. Je pense que c’est une stratégie pour faire de moi l’ennemi du pays. Sur ces sites, ils me disent « Hima », tout le monde sait la connotation politico ethnique derrière ce mot. Ils me présentent non pas comme journaliste, mais comme « l’espion de la Belgique ». Un « Hima », qui est un « espion » en plus, un ministre des Affaires étrangères devant le Parlement. Tous les ingrédients pour accréditer l’idée d’un complot sont réunis. Mais comme on dit, « tout ce qui est excessif est insignifiant ». Que répondez-vous à ces détracteurs ?

Je n’ai pas à répondre. Comme disait le poète, « parfois seul le silence est grand ». D’ailleurs, à qui répondre ? Celui qui a rédigé l’article de départ, qui a été repris et « amélioré » par les sites proches, a signé par un pseudo. L’objectif de l’auteur anonyme n’est pas d’ouvrir ou de nourrir le débat sur des questions de fond qui concernent le Burundi, mais de trouver un coupable, celui qui « asphyxie le pays ». Comme bouc émissaire, la figure du « Hima-espion » est l’idéale.

Vous restez serein malgré cette campagne

Bien sûr. Parce que je suis loin de ce portrait d’un homme maléfique que certains veulent faire de moi. Moi je suis un journaliste qui aime profondément mon pays et mon métier. Depuis 24 ans que je fais ce métier, j’essaie de le faire au mieux. Je n’hésite pas à me remettre en question. Ceux qui me connaissent le savent . D’ailleurs, depuis ces attaques, je reçois beaucoup de messages de soutien. Dans tous mes écrits ou dans tout ce que j’ai lancé au Burundi, à mon humble niveau, j’ai toujours visé à faire avancer mon pays. Les critiques que je fais comme journaliste par rapport à la gouvernance de mon pays, c’est mon métier, c’est un droit que me donne la Constitution, ces critiques devraient être comprises dans ce sens. Par ailleurs, pour bien construire, il faut accepter d’être critiqué.

Si vous aviez un message à vos détracteurs

Je n’ai ni le temps ni le talent pour la polémique. Je leur dirais simplement que s’en prendre à moi c’est se tromper d’ennemi. Notre ennemi commun c’est l’ignorance et surtout l’intolérance. Nous avons un beau pays, qui nous appartient tous. Moi je viens d’avoir 51 ans, j’aimerais vivre les années qui me restent Iwacu, chez nous, apporter ma petite contribution à son développement, travailler dans le secteur que j’aime le plus, la presse. J’aimerais que mes enfants puissent vivre dans un pays apaisé, ouvert. Je pense que livrer à la vindicte des voix, fussent-elles discordantes, ne construit pas et ne rassure pas.