• CHRISTOPHE SESSOU - BENIN MONDE INFOS

Burundi : L'opposition appelle au secours les chefs d'Etat de la région


Le Cnared, la plateforme de l'opposition burundaise, vient d'écrire aux chefs de l'Etat de la Communauté des États d'Afrique de l'est (Eac) leur demandant de faire pression sur le président Nkurunziza, afin qu'il puisse ouvrir un dialogue inclusif pour une sortie de crise. Pour le Cnared, tout refus du président burundais devrait aboutir à des sanctions de l'organisation sous-régionale.

Le président burundais refuse toujours de dialoguer avec son opposition en exil, accusée d'être le principal commanditaire des violences dans le pays et du coup d'Etat manqué de mai 2015.

En prélude au prochain sommet de la Communauté des États d'Afrique de l'est (Eac), les différentes formations de l'opposition tant de l'intérieur qu'en exil, réunies au sein du Cnared, ont adressé un demande aux chefs d'Etat de la sous région. Elles demandent à ces derniers, de saisir l'occasion du sommet pour exercer la pression nécessaire, afin d'obtenir un dialogue inclusif avec le président Nkurunziza, ou le cas échéant, des sanctions à l'encontre du régime, notamment un embargo économique et sur les armes.

"Nous lui demandons de s’impliquer fortement, de prendre les sanctions au cas où Monsieur Nkurunziza refusait carrément de s’assoir à la table des négociations. Et ce sont les seules sanctions qui pourraient l’infléchir et l’acculer à accepter les négociations", estime le président du Cnared, Charles Nditije.

Face à cette exigence, le pouvoir burundais fait le dos rond, voyant dans le Cnared, une organisation illégale, de surcroît basée à l'étranger. "Il nous est difficile de réagir. C’est une association belge et qui n’existait pas au point de vue juridique. Vraiment, aujourd’hui la crise est derrière nous, n’en déplaise aux détracteurs. Il y a quelques brebis égarées ! Il y a ces gens qui demandent des sanctions à leurs frères, à leur père, à leurs parents ! C’est inadmissible ! Nous n’allons pas accepter ça », répond Gaston Sindimwo, premier vice président du Burundi.

Le président Nkurunziza se battrait des pieds et des mains, pour soustraire le dossier burundais au prochain sommet de l'Eac. Mais de son côté, la communauté internationale fait pression sur les chefs d'Etat de la région, afin qu'ils puissent peser de tout leur poids pour un dénouement de la crise burundaise.