• CHRISTOPHE SESSOU - BENIN MONDE INFOS

Burundi : Pierre Nkurunziza pris entre deux feux


La volonté du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat, a plongé le Burundi dans une crise politico-sécuritaire qui perdure depuis deux ans. A l’heure où l’impasse s’installe après plusieurs tentatives de sortie de crise infructueuses, le pays doit faire face à la faillite économique.

Avec le déclenchement de la crise burundaise suite à l’annonce du troisième mandat controversé du président Pierre Nkurunziza, les Burundais étaient loin de s’imaginer un jour pris en tenaille entre une impasse politique et une faillite économique. Malheureusement, c’est à cette triste réalité qu’ils sont bien obligés de faire face, deux ans après.

Face au tollé des populations burundaises et aux critiques de la communauté internationale au sujet du troisième mandat, le président burundais a opposé une farouche radicalisation. Répression, disparitions forcées, exécutions extrajudiciaires et autres traitements dégradants riment avec les deux années que le dictateur de Bujumbura a passées à, la tête du pays au mépris des normes constitutionnelles qui ont fixé deux mandats renouvelables, une fois. Les multiples initiatives de la communauté internationale pour sortir le pays de la crise, tomberont comme des châteaux devant la farouche volonté du président burundais de se maintenir au pouvoir.

Après une crise politico-sécuritaire lors de la quelle l’opposition et la société civile ont été contraintes à l’exil, le Burundi doit actuellement faire face à une faillite économique, certainement l’une des plus aigües de son histoire. Aujourd’hui, le gouvernement est obligé de réduire de 30 %, le budget de l’éducation, de 54% celui de la santé et -72%, celui du secteur de l’eau. Plus du quart de la population burundaise, soit 3 millions vivent en dessous du seuil de la pauvreté et dépendent soit d’une assistance humanitaire, du vol dans les champs ou de la mendicité pour leur survie.

Dans un contexte où l’Union européenne et d’autres bailleurs de fonds bilatéraux ont suspendu 40% de l’aide budgétaire direct destinée au Burundi, le pays devra encore financer à hauteur de 70%, son budget de 2017.

Manifestement, le président Nkurunziza est pris entre le marteau de la crise politico-sécuritaire et l’enclume de la faillite économique. Curieusement, le satrape de Bujumbura fait contre mauvaise fortune, bon cœur.

Lui et ses chiens de garde, les Nyamitwe, continuent à clamer à tue-tête que « tout va bien » et que l’économie n’est pas en crise. Or, au plan mondial, le Burundi est dans les profondeurs du classement des pays les plus pauvres, juste devant le Malawi et le Soudan du Sud