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Un régime qui peut faire disparaître n'importe qui: disparition de M. Ntasano, crime d'Etat


Premièrement,c'est la police burundaise qui annonce par le biais de son porte parole Pierre Nkurikiye et sans aucun doute que " Bitangimana Lambert(qui a enlevé Ntasano et ses 2 employés) est mort dans l'accident du véhicule de la victime à Gashoho".

Ensuite, c'est la justice qui annonce une enquête par le biais du procureur général de la république. Le procureur s'insurge "contre des rumeurs qui circulent sur cette disparition alors que l’enquête n'est pas encore clôturée" alors que le tweet posté quelques jours avant par le porte parole de la police ne laisse aucun doute: l'ancien sénateur et deux de ses employés ont été enlevés par Lambert Bitangimana. Bien plus, la police ne doute pas de la cause de la mort du ravisseur de M Ntasano et ses 2 employés : il est mort dans l'accident du véhicule de la victime.

La police veut-elle fausser les pistes?

Alors que ce Lambert Bitangimana est soupçonné d’être très proche de la police présidentielle particulièrement les services de renseignement, le porte parole de la police choisit d'omettre ( probablement une omission stratégique) deux éléments importants: premièrement les victimes ont été enlevées dans la capitale Bujumbura se trouvant à l'ouest du pays tandis que le véhicule du sénateur a été retrouvé au nord du pays.

Deuxièmement, des photos du corps du présumé ravisseur dont la cause de sa mort semble certaine à la police montrent clairement des signes d'étranglement par une corde fine autour de son cou. Il se dit aussi que ce présumé ravisseur aurait été enlevé lui même ( quelques heures avant que son corps sans vie soit découvert dans le véhicule du sénateur disparu) par un groupe d'hommes armés et en tenue policière, dans un restaurant d'un hôtel où il allait loger en attendant les ordres de son "patron" des services secrets.

En plus de toutes ces incohérences, il est très rare de voir la justice burundaise se saisir d'un dossier de disparition d'un citoyen burundais aussi vite et publiquement qu'elle vient de la faire dans le cas de la disparition de l'ancien sénateur du parti au pouvoir M. Ntasano. Cette annonce de la justice rappelle d'autres rares annonces faites suite aux cas de disparitions ou assassinats de grandes personnalités au Burundi et dont les résultats se font toujours attendre.

Ces annonces sont désormais considérées par plusieurs observateurs comme une stratégie de communication plutôt qu'un début d'un processus judiciaire. Il y en a même qui disent que cette stratégie est uniquement déployée dans des cas d'assassinats ou disparitions dont les commanditaires font parti de l’élite au pouvoir.