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Burundi : Cap sur le cynisme outrecuidant de Pierre Nkurunziza


Dans son récent message « bilan et perspectives » adressé fin 2018 aux Burundais et au monde, Pierre Nkurunziza s’est divinement sublimé comme à ses habitudes. Il a volontiers fait abstraction du réel, de la galère quotidienne du Burundais Lambda pour brosser une image idyllique du Burundi. Un pays de cocagne digne d’un conte de fée.

Ainsi, Pierre Nkurunziza s’est-il, une fois de plus, illustré comme un virtuose du cynisme multidimensionnel : politique, sécuritaire, social et économique.

En effet, d’entrée de jeu, il s’est mis à vanter la paix et la sécurité qui, a-t-il martelé, ont marqué l’année 2018 de bout en bout. « Il est très agréable de passer toute une année dans la paix, la sécurité et la tranquillité dans tous les coins du territoire burundais. Nous présentons nos vifs remerciements aux Corps de Défense et de Sécurité et aux autres Institutions du pays qui se donnent corps et âmes, nuit et jour, pour que le Burundi vive en paix et en dignité. Nous ne saurions passer sous silence la population burundaise et surtout les Comités Mixtes de Sécurité », a déclaré l’ancien rebelle catapulté du fond fin maquis au sommet de l’Etat depuis août 2005.

C’est ce genre de propos « présidentiels » qui ont été diffusés à la ronde ce mardi 1er janvier sur les médias publics locaux, pendant que plus de 80% de Burundais affamés et sans aucun espoir de se relever broyaient du noir. Alors que tout semble indiquer que Nkurunziza et ses ménestrels sont constamment hantés par des velléités génocidaires, il a clamé haut et fort que cette gangrène est déjà reléguée aux oubliettes de l’histoire.

Des ONG étrangères ont été sommées de mettre la clé sous le paillasson ou d’ouvrir grandement leurs portes aux hutus.

Et Nkurunziza a le culot de se réjouir ouvertement pour avoir tourné cette page.

« Nous avons montré à ceux qui continuent à douter que les germes de la division ne poussent plus sur notre sol ; nous avons fait la sourde oreille à certains Burundais et étrangers qui veulent toujours attiser les conflits parmi nous et nous diviser en groupes antagonistes en vue de nous replonger dans le chaos que les colonisateurs et les traitres qui leur étaient alliés avaient laissé dans le pays ».

Alors que l’Agence onusienne de coordination des affaires humanitaires (OCHA) a déclaré dans son rapport publié en décembre que près de 4 millions de Burundais sont dans un besoin criant d’assistance nutritionnelle, Nkurunziza se frotte les mains face à une production surabondante et tous azimuts. « L’année qui s’achève a été une année très fructueuse. Les saisons ont été bonnes, et cela a permis l’augmentation de la production dans tous les secteurs de la vie nationale ».

Grosso modo, son discours fleuve est émaillé de bien d’autres cas illustrant son cynisme outrecuidant.