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Les ONG divisées sur l'exigence de quotas ethniques au Burundi


La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini

Un porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères a déclaré qu'il avait clairement indiqué aux quelques 20 ONG belges soutenues financièrement par la Belgique, que fournir des fiches ethniques à un niveau individualisé constituerait une ligne rouge

Après que le gouvernement burundais ait pris la décision de retirer le droit d’opérer dans le pays aux ONG accusées du non respect des quotas ethniques en matière de recrutement, une division entre ces ONG commence à apparaître vis-à-vis de la demande du gouvernement aux ONG internationales de révéler la répartition ethnique de son personnel local.

Une dizaine d’organisations internationales, dont Handicap International, ont quitté le pays plutôt que de s'y soumettre, tandis que d'autres, tels que Médecins Sans Frontières, n'ont pas encore eu la position du gouvernement quant au droit de continuer leurs opérations au Burundi bien qu’ils aient également refusé de se soumettre à cette exigence. Le MSF continue ses opérations au Burundi, où 3,6 millions de personnes environ, ou un tiers de la population ont besoin d'assistance humanitaire.

Les donateurs divisés sur l'exigence de quotas ethniques.

Des sources reportent que certains donateurs internationaux au Burundi sont divisés sur cette exigence de quota ethnique.

Des sources révèlent par exemple que les ONG financées par les États-Unis, encouragées par l’agence d’aide américaine, étaient plus susceptibles de fournir les fichages ethniques que leurs homologues européens. L’Agence américaine pour le développement international n’a pas encore fait de commentaire à ce sujet.

"La plupart des organisations basées aux Etats-Unis ou financées par les Etats-Unis ont été informées en substance que" pour nous, la discrimination positive n'est pas un problème - vous faites tout pour que votre statut soit à nouveau autorisé ", a déclaré un diplomate européen au Burundi.

En revanche, il se pourrait que certaines ONG basées en Europe aient pour instruction de ne pas «donner les identités ethniques de leur personnel au gouvernement burundais».

Un diplomate européen basé au Burundi a révélé que certains gouvernements européens avaient averti leurs ONG internationales qu'elles ne seraient probablement plus considérées pour des contrats futurs au Burundi si elles fournissaient aux autorités burundaises des fichages ethniques.

Un porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères a déclaré qu'il avait clairement indiqué aux quelques 20 ONG belges soutenues financièrement par la Belgique, que fournir des fiches ethniques à un niveau individualisé constituerait une ligne rouge. Aucune d'entre elles ne l'a franchie.