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Pierre Nkurunziza nargue le monde libre en quête d’une justice qu’il refuse aux Burundais.


Me Bernard Maingain (premier à droite) et David Gakunzi (deuxième à partir de la gauche) lors d'un conférence public

Non content d’avoir claqué la porte de la CPI qui le braque pour les nombreux morts dans son placard, Pierre Nkurunziza joue à la victime. Il demande en effet à Paris ou plutôt à la justice française de confondre ceux qui ont daigné désigner du doigt l’insoutenable carnage en live dont il est personnellement responsable au Burundi.

Le président burundais en veut particulièrement à ceux qui lèvent le voile sur son goût immodéré du sang des siens. Parmi ceux-là figurent l’Avocat belge Bernard Maingain et le Burundais David Gakunzi, Ecrivain et ardent militant des droits de l’homme.

Accusés de diffamation par Bujumbura, un rendez-vous leur a été fixé les 24 et 25 janvier au Tribunal de Grande Instance de Paris. Du coup, Willy Nyamitwe, ménestrel de Nkurunziza, s’est fendu de twitts saccadés pour étayer l’affaire. «C’est un procès intenté par le gouvernement burundais contre France 3, Bernard Maingain et David Gakunzi au Tribunal de Grande instance de Paris », a déclaré sur twitter Willy Nyamitwe, conseiller principal du chef de l’Etat burundais, Pierre Nkurunziza.

«La Chaîne française France3, a en date du 13 janvier 2016, diffusé d’horribles images d’exécution sommaires en affirmant qu’il s’agissait des crimes commis au Burundi par les jeunes du parti Cndd-Fdd (au pouvoir), Imbonerakure », a-t-il ajouté.

Les militants des droits de l’homme au Burundi estiment que ce procès constitue pour eux une excellente occasion de tout déballer sur l’enfer burundais sous l’ère Nkurunziza.

«C’est un procès contre les défenseurs de la vérité ; nous demandons à toutes les personnes éprises de paix à venir entendre la vérité sur les crimes commis au Burundi », a déclaré sur twitter Maître Armel Niyongere, défenseur des droits de l’homme au Burundi et président de l’ONG ACAT-Burundi (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture).

Sur les réseaux sociaux, un hashtag de circonstance#ExposeNkurunzizaCrimes a même été créé. «Rappelons au monde entier les crimes de ce régime sanguinaire », a déclaré sur twitter Pacifique Nininahazwe, autre défenseur des droits de l’homme.

Au premier jour d’audience, l’Avocat de Maingain a rappelé aux juges que l’essentiel n’est pas de culpabiliser son client mais de voir au-delà, l’innommable qu’il a voulu montrer au monde. Avocat au Barreau de Bruxelles, Maître Bernard Maingain fait partie d’un collectif d’Avocats qui a saisi la Cour Pénale Internationale et la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme en mars 2016 au nom des dizaines de familles de victimes d’exécution extrajudiciaires au Burundi. Il a défendu plusieurs militaires accusés de la tentative de coup d’Etat des 13 et 14 mai 2015 et a été accusé par Bujumbura de complicité de coup d’état lors du procès en décembre 2015. Son co-accusé David Gakunzi est défenseur des droits de l’homme au Burundi.

Plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis près de quatre ans, suite à la décision du président Pierre Nkurunziza à briguer un 3ème mandat jugé illégal, le Burundi n’est plus qu’un abattoir à ciel ouvert.