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Missions de paix : La police burundaise recalée pour sa brutalité


Le Burundi finit par reconnaître que sa police paie le prix de sa sauvagerie. «Elle n’est plus éligible aux différentes missions internationales de maintien de paix», a regretté mercredi, le Commissaire de police Alain Guillaume Bunyoni, bras droit du Président Nkurunziza et Ministre en charge de la sécurité.

Le Ministre a fait ces déclarations à l’occasion de l’ouverture, mercredi à Bujumbura, de la 7ème Plateforme des Etats membres de la Communauté des états d’Afrique centrale sur la Stratégie Régionale Africaine de Réduction des Risques de Catastrophes. Au Burundi, comme ailleurs, d’aucuns savent que les policiers burundais, mêlés aux jeunes miliciens Imbonerakure (appendice du parti présidentiel) sont comptables du carnage continu et innommable dont le Burundi est constamment le théâtre.

Bunyoni qui se sait commanditaire de l’horrible chaos en fait cette lecture : «Nos policiers ne sont plus éligibles aux différentes missions internationales de maintien de la paix, non pas parce qu’ils ne sont pas techniquement capables d’y participer mais pour des raisons politiques», a déclaré le ministre burundais de la Sécurité sur la radio nationale, Rtnb. «Le Burundi exprime toujours sa demande mais les dossiers de nos policiers ne sont même pas analysés et chaque fois on nous dit que c’est pour des raisons politiques», a ajouté le Ministre. Le Ministre Bunyoni a indiqué que ce refus est dû au rôle joué par la police, fin 2015, pour « ramener la paix » au Burundi.

«En réalité, la police burundaise paie le prix d’avoir fait échouer le coup d’état du 13 mai 2015 et d’avoir mis fin au mouvement insurrectionnel qui a précédé cette tentative de coup d’état». Pour rappel, les policiers burundais ne participent plus à des missions internationales de maintien de la paix depuis près de trois ans. En 2016, l’ONU a renvoyé de la République Centrafricaine quelques 280 policiers burundais accusés d'exactions commises au Burundi avant leur déploiement dans ce pays, dans le cadre de la MINUSCA. Leur mandat n’a pas été renouvelé.

Les policiers burundais sont régulièrement accusés de participer à la répression des opposants. Plusieurs rapports de l’ONU et des ONGs ont souvent mis en exergue les exactions commises par ce corps de sécurité.