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Le Gouvernement burundais lorgne sur les biens des ONG étrangères bannies.


Les dessous de la suspension des activités des ONG étrangères qui se refusent un fichage ethnique de leurs staffs au Burundi sont désormais connus de tous.

Privé d’aides européennes en raison de graves violations des droits de l’homme dont il est comptable, le gouvernement burundais s’évertue à multiplier des stratagèmes en vue de sa survie ou plus exactement celle des caciques qui en contrôlent les rouages.

Parmi ces réflexes à la Darwin figure le récent ordre donné aux ONG étrangères de s’astreindre à l’immoral, en l’occurrence le fichage ethnique de leurs employés.

Toutes celles qui ont pris l’option de s’accrocher à leurs valeurs intrinsèques en refusant de céder au caprice d’un gouvernement foncièrement «manichéisant» en paient le prix. Elles sont bannies du pays.

De surcroît, elles n’ont pas le droit de vendre leurs biens avant de mettre la clé sous paillasson.

Mais tout fini par se savoir : au-delà de son amour immodéré pour les hutus qu’il estime sous-représentés au sein du personnel des ONG étrangères, Bujumbura a sournoisement misé sur les biens des ONG insoumises.

L’ONG Handicap International l’a récemment appris à ses dépens, elle qui, après avoir refusé de céder à cette injonction insensée du gouvernement burundais, s’est récemment vu refuser de vendre son charroi avant de «déguerpir».

Après la fermeture de son bureau local à Bujumbura, Handicap International avait en effet annoncé officiellement la vente aux enchères de ses 13 motos et 15 véhicules de diverses marques.

Cette annonce a mis la puce à l’oreille des autorités burundaises qui, du coup, ont arrêté le processus. Le ministère des Affaires étrangères s’est fendu d’un communiqué pour suspendre la vente aux enchères et récupérer tout le matériel de l'Organisation Non Gouvernementale Etrangère (ONGE) dénommée "Fédération Handicap International".

D’autres ONG sont dans le collimateur du gouvernement burundais.

Officiellement, Bujumbura s’arc-boute sur la nouvelle loi de janvier 2017 qui régit ces ONG étrangères pour les déstabiliser.

C’est aussi sous ce même label que Bujumbura envisagerait cibler prochainement les organismes du système onusien représentés dans le pays en leur intimant l’ordre d’ouvrir grandement leurs portes aux hutus, même incompétents. Sans quoi ils seront gommés de la liste et leurs biens tomberont dans l’escarcelle gouvernementale.