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Deux organisations syndicales menacées de démantèlement au Ministère burundais de la santé.


Depuis quelques jours, deux leaders syndicaux dénoncent une démarche éhontée des autorités du Ministère burundais de la santé pour doubler leurs syndicats d’un autre syndicat fantoche religieusement soumis au régime et préalablement engagé à encenser les multiples actes manqués du gouvernement.

Le Ministre Thaddée Ndikumana tiendrait les ficelles et son forcing est pitoyablement ostentatoire.

L’alerte a récemment été lancée par Madame Marie Bukuru et Monsieur Mélance Hakizimana qui président respectivement le SNTS (Syndicat national des travailleurs de la santé) et le SYNAPA (Syndicat national du personnel paramédical et aide-soignant).

« Le ministre veut renforcer un nouveau syndicat et demande aux cadres et agents du Ministère d’y adhérer massivement, ceux qui s’y refusent sont sanctionnés », a déclaré Mélance Hakizimana aux médias locaux.

Les coups de bistouris assénés aux syndicats indélicats tombent depuis fin décembre dernier.

«En date du 24 décembre 2018, les cadres du ministère de la Santé ont animé une conférence à l’intention des responsables de l’administration au sein dudit ministère depuis l’administration centrale jusqu’au niveau des hôpitaux des districts sanitaires le but de la réunion était d’étudier des stratégies pour démanteler les syndicats Synapa et SNTS qualifiés d’obstacles à la mise en œuvre de certaines décisions prises par le ministère », a renchéri Marie Bukuru.

Certains syndicalistes ont déjà été mis au noir pour avoir opposé la moindre résistance. «Certains médecins directeurs des provinces et les responsables des districts sanitaires ainsi que les médecins directeurs des hôpitaux ont violé la loi en faisant emprisonner le personnel du secteur de santé hostiles à cette trahison».

Fidèles à leur credo originel de défendre les droits légaux du travailleurs, les deux syndicats ne cessent de dénoncer les failles du Ministère : marchés truqués, avantages du personnel gommés en cette période de vache maigre, rareté des médicaments (spécialités), etc. Le personnel a le blues. Autant que les patients.

Tout se sait et, là comme ailleurs, l’instantanéité de l’information chiffonne les autorités. Or, s’il y a une victime collatérale officielle de la crise qui secoue le Burundi depuis près de quatre ans suite à l’entêtement du Président Pierre Nkurunziza à briguer un mandat supplémentaire volé, c’est le Ministère de la santé publique.

L’aide financière a tari. Les nombreux partenaires techniques et financiers qui prenaient en charge les malades dans les hôpitaux et autres centres de soins jusqu’au fin fond du pays ont fermé les vannes.