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La police burundaise tue plus qu’elle ne protège.


Pour ses régulières bavures déjà érigées en mode de fonctionnement quotidien, la police burundaise qui se dit «de proximité» est si proche du citoyen qu’elle l’étouffe, le phagocyte à vue d’œil et impunément. Ses immenses dégâts sont à la fois matériels et humains.

Ainsi, pas plus tard que le 5 février (sacré jour de l’unité), un de ces policiers à la gâchette facile a-t-il mitraillé un pauvre citoyen, conducteur de «taxi-vélo» en plein jour et en pleine ville de Bujumbura.

Toute la ville était en émoi, vu que l’assassin n’a jamais été inquiété.

Pire encore. Malgré la flagrance du crime, le ministère de la sécurité s’est empressé, par son porte-parole interposé, à défendre son « gardien de la paix ».

Dans une conférence de presse organisée mercredi à Bujumbura, Pierre Nkurikiye s’est évertué à plaider pour le diable.

Face à une nuée de journalistes locaux armés de micros et autres caméras, Pierre Nkurikiye a ânonné ce récit ou plutôt ce mensonge cousu de fil blanc et frisant le ridicule : «Trois policiers étaient entrain de travailler comme à l’accoutumée en interdisant les conducteurs de taxi-vélos d’entrer dans le périmètre interdit. Par après, un vélo a été saisi car le conducteur avait dépassé les limites. Après la saisie du vélo, son conducteur a appelé ses collègues qui ont commencé à lancer des pierres sur les trois policiers …..Un des policiers a été blessé. Le groupe a ensuite contourné un policier voulant lui arracher son fusil et par mégarde une balle est sortie et a tué le feu Jonas Ndayishimiye».

Les témoins du crime ont donné une autre version : le policier voulant rançonner le pauvre garçon aurait tenté de lui arracher le vélo, de le lui voler. Les policiers burundais sont coutumiers de tels gestes.

Pour qui connaît le contexte sécuritaire burundais et la nature protéiforme de la police du pays, Pierre Nkurikiye a donc perdu une excellente occasion de se taire. Car ce genre d’incident est loin d’être isolé au Burundi.

Les auteurs sont invariablement les policiers ou tous ceux qui se cachent derrière ce label de la police burundaise pour nuire, en l’occurrence les jeunes imbonerakure qui constituent la milice du parti au pouvoir ou encore les FDLR venus leur porter main forte dans leur macabre projet de décimer les tutsis et les hutus non acquis à leur cause.

Ainsi va le Burundi. Et quelles que soient les élucubrations du porte-parole du ministère de la sécurité, le monde entier est bien au courant de tous les dérapages de la police burundaise ou ceux qui s’en réclament.

C’est aussi pour cela que le policier burundais est devenu persona non grata dans les diverses missions de maintien de la paix à l’échelle planétaire.