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Affaire Ndadaye : Bujumbura tacle Buyoya en plein Sommet de l’UA.


Vue générale du Hall des réunions de l'UA

Courroucé par la présence de l’ex-président burundais Pierre Buyoya au 32ème Sommet des Chefs d’Etat de l’Union africaine (UA), en dépit d’un mandat d’arrêt international émis par la justice burundaise, le gouvernement burundais est déboussolé.

A Addis-Abeba, la délégation burundaise conduite par le vice-président Joseph Butore s’est fendue d’une note bidon pour tenter de réexpliquer le désarroi de Bujumbura incapable de mettre la main sur Buyoya en face.

D’une banalité déconcertante, la note s’intitulait «Mise au point du Burundi sur le mandat d’arrêt contre le Major Pierre Buyoya ».

«Le Burundi trouve qu’il est important de faire le point sur ce dossier et met à profit la tenue de ce Sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’UA, une organisation qui est contre le changement inconstitutionnel d’institutions dirigeantes dans les Etats membres», peut-on lire dans ce ramassis d’élucubrations de Bujumbura face à une audience dignement occupée à autre chose.

Introduite en plein sommet de l’UA, cette note burundaise est tombée dimanche dernier comme un cheveu dans une soupe. Connaissant le pogrom dont Pierre Nkurunziza continue à couvrir et à encourager au Burundi, les leaders africains n’y ont attaché aucun intérêt. Par contre, Pierre Buyoya, actuel Haut Représentant de l’UA au Mali et au Sahel, qui assistait au 32ème Sommet de l’UA a réagi à cette attaque qu’il juge « personnelle ».

Il a accusé les autorités burundaises de « méconnaissance » des règles de fonctionnement de l’Union Africaine. «Sur la forme, cette démarche dénote une méconnaissance des règles de fonctionnement de l’UA et un manque de respect envers la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement africains », a déclaré l’ex-président burundais.

«On n’a jamais vu des représentants d’un gouvernement chercher à distraire une institution aussi prestigieuse réunie pour réfléchir à un agenda bien connu avec des attaques contre des personnes ciblées individuellement», a-t-il ajouté.

Sur le fond, a-t-il poursuivi, la démarche confirme que le traitement que Bujumbura fait du dossier de l’assassinat du président Melchior Ndadaye relève de la manipulation politique. « En ramenant ce dossier, 25 ans après et à une année des élections générales, le pouvoir veut instrumentaliser la justice pour écarter des personnalités qu’il pense pouvoir le gêner ».

En décembre dernier, le procureur général de la république du Burundi, Sylvestre Nyandwi avait déclaré que 17 personnalités civiles et militaires, dont Pierre Buyoya, étaient visées par des mandats d’arrêts internationaux dans le cadre de la réouverture d’une enquête sur l’assassinat de l’ex-président burundais Melchior Ndadaye en octobre 1993.

L’UA avait appelé le gouvernement burundais à éviter toute mesure de nature à nuire à la recherche d'un consensus sur la crise actuelle. Les autorités de Bujumbura n'ont pas réagi.

Pour rappel, l’assassinat du président Melchior Ndadaye en octobre 1993 a été suivi par un indicible génocide perpétré contre les tutsis du Burundi où plusieurs centaines de milliers ont été tués. Cette tragédie se poursuit toujours 25 ans après.