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Autofinancement des élections de 2020 : Révérien Ndikuriyo casse l’omerta


Révérien Ndikuriyo, président du sénat burundais

«Nous vous demandons de vous efforcer pour continuer à apporter vos contributions financières afin de nous permettre de tenir les élections en 2020 sans appuis extérieurs, c’est de cette manière que personne n’osera contester les résultats»

Enfin, le très peu discret Président du Sénat burundais Révérien Ndikuriyo vient de pincer l’abcès et cassant l’épais mystère qui entourait l’entêtement du gouvernement burundais à sucer ses citoyens sans ressources pour les contraindre à se sublimer, à cotiser pour financer le prochain processus électoral de 2020. Il a cassé l’omerta mardi le 12 février dans la province de Karuzi.

«Nous vous demandons de vous efforcer pour continuer à apporter vos contributions financières afin de nous permettre de tenir les élections en 2020 sans appuis extérieurs, c’est de cette manière que personne n’osera contester les résultats», a déclaré Ndikuriyo lors d’une réunion qu’il organisait à l’intention des élus locaux et chefs de services des communes Gihogazi et Bugenyuzi, sur le renforcement de la paix et la sécurité.

A y regarder de très près, l’objectif non officiel est de tenir un simulacre d’élections pour redonner du temps au régime afin de finir ce qu’il a commencé. Du reste, de tels propos se passent de commentaires, même pour les nuls. Car a priori, cette révélation n’était plus qu’un Secret de Polichinelle. Nul ne devait en effet sourciller si le régime de Bujumbura tripatouillait le prochain processus électoral de 2020 pour permettre aux auteurs et concepteurs d’horribles crimes contre l’humanité de faire du Burundi leur tanière à l’instar de sinistres hyènes dévoreuses de brebis.

Le monde entier est au courant : leur bilan est si désastreux qu’il vaut mieux s’asseoir dessus encore pour un temps. Dans ces conditions, on a pas besoin d’interroger la boule de cristal pour savoir que le pays ira encore de mal en pis.

Révérien Ndikuriyo a semble t-il jugé bon de le dire tout haut. Tout comme au plus fort de la crise suscité par le 3ème mandat de Pierre Nkurunziza, il avait eu le culot d’exhorter officiellement les membres de la milice Imbonerakure «à travailler» pour faire taire définitivement les voix discordantes et récupérer leurs biens, y compris maisons et terrains.

Cette fois, Révérien Ndikuriyo s’est adressé à ceux qui tiennent les cordons de la bourse. «Ils n’auront mis aucun sous, ils ne poseront donc aucune question», a-t-il ajouté. Dans ces affirmations, le sénateur prend soin de ne pas nommer ouvertement les partenaires étrangers du Burundi. Mais les tenants d’un processus électoral transparent, paisible, libre et démocratique ne sont que trop connus. Quoi qu’il en soit, tout laisse entendre qu’il faudra s’attendre encore à beaucoup de questions.