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«Ndondeza» fait tiquer les criminels burundais qui se savent déjà dans le Collimateur de la CPI


Alors que des rumeurs sur l’imminente officialisation des mandats d’arrêt internationaux à l’endroit des auteurs et autres commanditaires des crimes horribles commis au Burundi deviennent de plus en plus persistantes, les caciques du régime qui en sont naturellement comptables trouillent à en mourir.

Les uns et les autres s’inquiètent particulièrement des révélations doublement scandaleuses et fouillées faites dans le cadre de la campagne « Ndondeza (aide-moi à chercher) », pilotée par Pacifique Nininahazwe, figure de la société civile burundaise et militant percutant des droits de l’homme.

La campagne «Ndondeza» à zoomé à la loupe les nombreux cas de disparitions forcées de tutsis ciblés pour leur ethnie ou quelques hutus engloutis pour leur refus d’adhérer au vieux dessein luciférien d’une «solution finale» pour l’ethnie tutsi.

Entre fin avril 2015 et fin 2016, cette campagne a recensé, avec photos et témoignages poignants à l’appui, plus d’une centaine de personnes victimes de disparition forcée.

Les preuves sont accablantes et font déjà tiquer les auteurs qui ne sont que trop connus et qui risquent de finir leur course dans l’escarcelle de la CPI à l’instar de Laurent Bagbo ou son ex-bras droit Charles Blé Goudé.

Pour éviter cet épilogue peu glorieux pour des gestionnaires du pays, ils crient à la diffamation, s’évertuent à faire des montages grotesques en soudoyant de faux témoins pour décrédibiliser cette campagne qui surfe sur les vagues du succès.

C’est précisément dans cette perspective que s’inscrit la récente sortie médiatique du Procureur général de la République, Sylvestre Nyandwi, qui a incriminé Pacifique Nininahazwe en le présentant comme principal cerveau d’un récent documentaire accablant de la BBC intitulé : "Kamwe Kamwe, inside Burundi's killings machine".

Kamwe kamwe fait référence à la fine stratégie du régime de Bujumbura de kidnapper un à un et de faire disparaître les personnes qui genent sans laisser de trace.

« Ce documentaire de la BBC est une mise en scène de Pacifique Nininahazwe. Il veut chercher des preuves de tortures à présenter devant la Cour Pénale Internationale afin d'incriminer des autorités burundaises. C’est un film monté de toute pièce dans un pays étranger par des acteurs burundais », a déclaré aux médias locaux Sylvestre Nyandwi.

«Le metteur en scène était Pacifique Nininahazwe. L’un des acteurs du nom de Patrick Mugwaneza a été arrêté et a tout dévoilé », a-t-il ajouté.

De son côté et comme pour lui emboiter le pas, le porte-parole du Ministère burundais de la sécurité publique, Pierre Nkurikiye a immédiatement emmené les journalistes présents dans les bureaux du SNR (Service National de Renseignement) pour faire parler le délateur présumé, un certain Patrick Mugwaneza.

«J'ai été recruté par quelqu'un qui s’est fait passer pour un ancien du SNR pendant que j'étais en Ouganda pour témoigner devant deux journalistes de la BBC une certaine Charlotte et Maude. Elles étaient accompagnées d’Eloge Kaneza, journaliste burundais travaillant pour la Voix d'Amérique comme interprète. En échange, je devais avoir un exil à l'étranger mais ça n'a pas été le cas », a-t-il expliqué, visiblement peu sûr de lui.

«Paradoxalement c'est la même personne qui m'a recruté pour jouer dans ce film de la BBC qui m'a dénoncé auprès de la police burundaise. Quant à Pacifique Nininahazwe, je l'ai jamais vu ni entendu dans ce documentaire » a conclu Patrick Mugwaneza menotté.

Reste que la justice et la police burundaise ne sont pas à leur première invention rocambolesque en la matière. Le 18 mars 2015, les deux institutions avaient présenté à la police un certains Clovis Kwizera alias Désiré, présumé militant du parti MSD, comme un des terroristes qui avaient assassiné trois sœurs italiennes de la Paroisse Guido Maria di Comforti de Kamenge, fin 2014.

Dans tous les cas, la mayonnaise a toujours du mal à prendre. Ces tentatives maladroites de masquer les graves crimes dont le pays est devenu le théâtre semblent ne pas convaincre ni à l’intérieur du pays ni à l’extérieur.