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Bujumbura se cherche d’autres pays amis pour colmater les brèches ouvertes par l’Occident


Ministre burundais des Relations extérieures et de la coopération internationale, Ezéchiel Nibigira

Boudé par l’Occident trop regardant côté «droits de l’homme», le Burundi remue monts vallées planétaires en quête d’autres pays amis qui pourraient combler le vide abyssal laissé par l’Occident qui lui a fermé les vannes de l’aide financière.

Le résultat est peu glorieux mais Bujumbura s’en vante, quand même. C’est du moins ce qu’a laissé entendre jeudi le Ministre des Relations extérieures et de la coopération internationale, Ezéchiel Nibigira, à travers ses déclarations à la presse.

«Dans le but d'élargir davantage le cercle des pays amis du Burundi, de nouveaux partenaires bilatéraux ont été identifiés en 2018, nous citerons notamment le Togo, la République dominicaine, l'Indonésie et le Tadjikistan», a-t-il déclaré.

Le MAE du Burundi a tenu ces propos lors de sa présentation à la presse du bilan des réalisations de son ministère au cours de l'exercice 2018.

«Les démarches entreprises avec la République dominicaine et le Tadjikistan ont abouti à la signature des communiqués conjoints entre chacun des deux pays et le Burundi sur l'établissement des relations diplomatiques», a-t-il ajouté.

Le MAE du Burundi a en outre déclaré qu’en 2018, Bujumbura a mis en application des accords de coopération signés entre le Burundi et certains pays partenaires dont la Turquie et la Russie.

«Le Burundi a conclu avec la Turquie et la Russie, des accords sur "l'exemption de visas pour les détenteurs des passeports diplomatiques et de service », a déclaré Ezéchiel Nibigira.

Bujumbura a aussi décroché 134 bourses d'études universitaires auprès de 11 partenaires bilatéraux, dont 48 accordées par la Chine.

Selon le ministre, la carte diplomatique burundaise est restée, cependant, assombrie par la persistance des "sanctions injustes" infligées au Burundi par l’UE en application de l'article 96 de l'Accord de Cotonou.

Depuis 14 mars 2016, l'UE a suspendu l'aide financière directe à l'administration burundaise, en invoquant la violation de l'article 96 de l'Accord de Cotonou portant sur la protection des droits humains, une accusation rejetée par le gouvernement burundais.

A part l’Union européenne (UE), d’autres Etats occidentaux, notamment la France, la Belgique, l’Allemagne, les USA, etc. ont aussi suspendu leurs aides directes à Bujumbura.

Le MAE du Burundi a par ailleurs évoqué "le mauvais voisinage" du Rwanda qui "menace constamment la sécurité" du Burundi à la frontière commune avec les deux pays.

Depuis fin avril 2015, le Burundi traverse une grave crise politique émaillée de violences, déclenchée par la candidature controversée du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat. Ces violences ont déjà fait plusieurs milliers de morts et ont poussé plusieurs milliers d’autres à l’exil.