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L’ONU réitère son appel à un dialogue «inclusif» pour une réelle sortie de crise au Burundi.


Michel Kafando, envoyé spécial de l'ONU au Burundi

En prétendant que le Burundi a déjà recouvré la paix et qu’il chemine sereinement vers les élections de 2020, les autorités burundaises sont constamment irritées par ce débat récurrent au sein du Conseil de sécurité de l’ONU sur la crise qui secoue le pays.

Quoi qu’en dise Bujumbura, le Burundi est plus que jamais embourbé dans une grave crise politique et sécuritaire aux effets tristement dévastateurs. La planète entière en est témoin. Et pour preuve.

L’organisation des Nations Unies (Onu) vient une fois de plus d’alerter l’opinion sur cette crise burundaise en appelant au dialogue inclusif dont les autorités burundaises ne veulent pas entendre parler.

En effet, l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour le Burundi, Michel Kafando, a déclaré mardi soir qu’un dialogue inclusif inter-burundais demeure la seule option viable pour « un règlement durable de la crise politique et la tenue d’élections en 2020 » dans un environnement apaisé, a rapporté l’Onu sur son site dans la nuit de mardi à mercredi.

Michel Kafando a lancé cet appel lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’Onu consacrée à la situation au Burundi.

«J’encourage le gouvernement à plus d’inclusivité, notamment dans le cadre des discussions en cours sur l’adoption d’un nouveau Code électoral», a-t-il dit, rappelant que les élections générales, dont le scrutin présidentiel, sont prévues dans seize mois.

Parlant de la situation des droits de l’homme dans le pays, Michel Kafando a noté qu’elle demeure «préoccupante».

Le diplomate onusien a aussi braqué les projecteurs sur la crise humanitaire qui est sous-jacente à la crise politico-sécuritaire.

«Environ un million et demi de personnes restent cependant menacées par l’insécurité alimentaire du fait des difficultés socio-économiques persistantes », a déclaré Michel Kafando.

Ancien président intérimaire du Burkina Faso, Michel Kafando a été nommé en mai 2017 comme nouvel émissaire des Nations unies au Burundi pour «coordonner les efforts politiques de l’ONU pour promouvoir la paix et le développement durable au Burundi".

Il devait également apporter "son assistance aux efforts de la Communauté des États d’Afrique de l’Est en vue d’un dialogue politique entre les acteurs burundais". Entamé depuis fin 2015, ce dialogue d’Arusha mené avec la facilitation de Benjamin Mkapa s’est terminé fin 2018 sans réelle avancée.

Bujumbura ayant toujours refusé de négocier avec ses opposants radicaux accusés d’avoir préparé une tentative de coup d’état en mai 2015.

En prétendant que le Burundi a déjà recouvré la paix et qu’il chemine sereinement vers les élections de 2020, les autorités burundaises sont constamment irritées par ce débat récurrent au sein du Conseil de sécurité de l’ONU sur la crise qui secoue le pays.

« Nous demandons le retrait immédiat du Burundi de l’Agenda du Conseil de sécurité car la situation dans le pays est normale et ne constitue pas une menace à la paix et à la sécurité internationales », a déclaré l’Ambassadeur du Burundi à l’ONU, Albert Shingiro.

Le Burundi traverse une grave crise politique émaillée de violences depuis la candidature du président Pierre Nkurunziza, en avril 2015, à un troisième mandat controversé et sa réélection en juillet de la même année.