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AMISOM : L’armée burundaise paie le prix de l’abrutissement de Pierre Nkurunziza.


Militaires burundais deployees dans la mission de l'union africaine de maintien de la paix

Pour les esprits lucides, le diable se trouve dans les détails. Car l’UA écrit une page de la grande Histoire. Et derrière elle se trouve naturellement l’Union européenne, principal bailleur de l’AMISOM. Or, depuis le 16 mars 2016, l’UE a rompu ses amarres avec Bujumbura en guise de dénonciations des violations massives des droits de l’homme

Malgré son exploit historique en terre somalienne face aux terroristes Al Shebaab, l’armée burundaise plie bagages, la queue basse.

Mille militaires burundais vont rentrer en catastrophe, sans fanfare ni trompette.

Bujumbura aura joué les coudes pour tenter de les y maintenir, mais l’Union africaine est restée sourde à ses supplications.

A première vue, tout semble indiquer que les autorités burundaises n’ont pas tort en criant à la flagrance de l’injustice sur ce dossier. Car selon la décision du Conseil de sécurité de l’ONU qui a décidé et fixé les modalités de la réduction progressive des effectifs de l’AMISOM, chaque pays contributeur des troupes devait délester son contingent de 200 militaires, dans un premier temps.

Mais en glosant sur l’AMISOM et les 1000 militaires burundais à débarquer, une précision s’impose, d’entrée de jeu : En réclamant énergiquement son maintien dans l’AMISOM, Pierre Nkurunziza est mû, non par son amour immodéré pour la Somalie, mais par des milliers de dollars qu’il empoche grâce à la participation de ses militaires à l’AMISOM. En cela, il frise aussi le ridicule.

Après cette parenthèse sur la réaction épidermique de Nkurunziza, il y a lieu de décrypter les faits qui sous-tendraient cette décision à la lumière de quelques faits et gestes antérieurs.

En appliquant cette décision onusienne l’UA a pris l’initiative de cibler uniquement le Burundi en lui intimant l’ordre de rapatrier 1000 militaires, soit la totalité de l’effectif initialement décidé par l’ONU. La colère burundaise est donc apparemment fondée.

Pour les esprits lucides, le diable se trouve dans les détails. Car l’UA écrit une page de la grande Histoire. Et derrière elle se trouve naturellement l’Union européenne, principal bailleur de l’AMISOM. Or, depuis le 16 mars 2016, l’UE a rompu ses amarres avec Bujumbura en guise de dénonciations des violations massives des droits de l’homme.

Le renvoi des 1000 militaires burundais est un message riche de symbole lancé à Pierre Nkurunziza.

Sa symbolique compte plus que le mémorable affront porté contre Nkurunziza et ses hommes en treillis.

Tout se joue sur le terrain diplomatique. Et curieusement, le virtuose du gymnase, Pierre Nkurunziza qui s’y est illustré par une médiocrité déconcertante, veut une place glorieuse dans le concert des Nations alors qu’il ne cesse de tourner le dos à la communauté internationale.

Refus obstiné du dialogue inclusif mené sous l’égide de la CAE, désengagement de la CPI, fermeture du bureau local du représentant du Haut-Commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme, chasse aux ONG étrangère….Son bras d’honneur augurait quoi de bon pour le pays ?

Pour qui connaît son abrutissement légendaire, il est fort à parier que Nkurunziza aura du mal à en comprendre toute la portée. Il est incapable de dépasser le bout de la lorgnette, tel un attardé né, à qui l’on montre la lune et qui fixe le doigt de son interlocuteur.

La décision de l’UA sur ce retour en catastrophe des militaires burundais n’est qu’une conséquence logique de la maladresse du président burundais lui-même.

Alors que le Burundi est, depuis plus de quatre ans, secoué par une grave crise née de sa décision de Nkurunziza de s’ajouter un 3ème mandat illégal, tous les appels lancés par l’UA, l’UE et l’ONU n’auront eu aucun effet.

Les faits restent têtus: Plus de 2000 personnes assassinés, des centaines de kidnappés, d’autres emprisonnées à la pelle….tout est gâchis à cause de Pierre Nkurunziza.

Au lieu d’écouter le monde et de convenir avec la communauté internationale sur cette réalité qui crève les yeux, Pierre Nkurunziza crie à la victime. Toute honte bue.