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Retrait des militaires burundais de l’AMISOM: un bras de fer entre le Burundi et l’Union Africaine


Le président Burundais Pierre Nkurunziza en visite en Somalie.

Le Burundi, un des pays les plus pauvres de la planète vit aux crochets des retraits sur les salaires des militaires et policiers en missions de maintien de la paix sur le continent africain

Après avoir échoué de faire bonne contenance diplomatique à la décision de la commission de l’Union Africaine de rapatrier 1000 militaires du contingent burundais qui participe dans la force africaine de maintien de la paix en Somalie, Bujumbura met les gans de boxes pour lancer ses derniers coups. Le Burundi refuse d’exécuter la mesure de la commission de l’union africaine.

Nombreux observateurs estiment que ce qui se passe actuellement est du jamais vu dans l’histoire du maintien de la paix où un pays contributeur en troupes se rebelle à une décision émanant d’une institution qui l’a mandaté.

Ce qui est évident, le pouvoir de Pierre Nkurunziza tremble le grelot suite au manque à gagner au cas où le retrait de 1000 militaires devient effectif.

Si Bujumbura se permet de faire une révolte contre l’organisation qui l’a mandaté pour une histoire de retrait de 1000 militaires, que serait le comportement du régime s’il advenait que le département paix et sécurité de l’Union Africaine décidait de retirer tout le contingent burundais se trouvant sur le sol somalien ?

En effet, le vol qui devait rapatrier un autre groupe de plus ou moins 200 militaires ce 24 février 2019 a été annulé sous les ordres de Bujumbura. Visiblement, c’est un subalterne qui gifle son supérieur. La frappe est déjà consommée. La suite est incertaine.

Dans ces décisions et défaillances du régime de Pierre Nkurunziza, on comprend bien qu’il y a une peur de voir son pouvoir s’effriter en catastrophe pour manque de payement des salaires aux fonctionnaires de l’Etat dont la grande partie provenait des sommes recueillis pour les services de son armée au profit de l’Union Africaine.

Le Burundi, un des pays les plus pauvres de la planète vit aux crochets des retraits sur les salaires des militaires et policiers en missions de maintien de la paix sur le continent africain.

Avec sa maladresse diplomatique, le régime de Bujumbura court le grand risque de faire cavalier seul dans cette affaire et sa chance de gagner la bataille se compte sur les bouts de doigts. Il est en train de jouer les cartes sous la table. Pour la Commission de l’Union Africaine les dés sont déjà jetés. Il reste à voir si cette commission qui a la haute main dans cette affaire pourra fléchir et revenir sur sa décision.

Le constat est que les relations entre les autorités burundaises et celles de l’Union Africaine vont de mal en pis.