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Dur dur d’être malade au Burundi sous l’ère Nkurunziza


Hopital de Matana

Insuffisance accrue du personnel soignant qualifié, carence généralisée des médicaments (en particulier les spécialités), paupérisation dangereusement généralisée de la population et, partant, des patients réels et potentiels…..vaut mieux ne pas tomber malade au Burundi.

Dans ce pays miné du dedans par les sans-culottes auto-investis du système CNDD-FDD, les hôpitaux, même publics, sont désormais des centres de détentions pour des patients guéris mais insolvables.

La pathétique histoire de Mademoiselle Ange, élève au Lycée de Rubanga vers le sud du Burundi laisse encore perplexe.

Admise récemment à l’hôpital de Matana pour un traitement contre la malaria, la jeune Ange avait eu la chance de recouvrer sa santé quelques jours après.

Mais elle a eu le malheur de ne pas avoir sur elle assez d’argent pour payer sa facture de 192.000 francs burundais (Fbu). En conséquence, elle est restée cloitrée à l’hôpital alors qu’elle devait regagner son domicile le 17 février.

Comme le malheur ne vient jamais seul, son père est décédé jeudi, le 21 février. Détenue qu’elle était encore, Ange n’aura pas assisté à l’enterrement de son géniteur. La direction de l’hôpital ne voulant la perdre d’une semelle.

Emu par cette tragique histoire, le Curé de la Paroisse Matana l’a raconté à ses paroissiens en plein culte en invitant ceux qui le pouvaient à faire preuve de solidarité envers Ange.

Au bout du compte, la jeune fille a été libérée après paiement de la moitié de la somme due.

Les responsables de l’hôpital ont par après déclaré que la jeune fille était restée à l’hôpital car elle était encore sous traitement. Manifestement, leurs propos sont à la fois incohérents et contradictoires. Et pour cause.

Quoi qu’il en soit, le cas de Ange est loin d’être isolé au Burundi.

Dans de nombreux hôpitaux et centres de soins burundais, les malades qui n’ont pas les moyens de régler leurs factures médicales sont retenus jusqu’au solde de tout compte. Et Dieu seul sait que les insolvables sont de plus en plus nombreux dans le pays.

Au lieu de créer les conditions de paix, de relance économique et d’épanouissement des citoyens à tous points de vue, le pouvoir CNDD-FDD ont fait du Burundi un mouroir, une terre de galère et de laissés-pour-compte excédés par des discours à la mords-moi-le-doigt.