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Cour spéciale des Terres et Autres Biens : Des citoyens expulsés avec fracas au profit d’un Etat-ogr


C’est officiel. L’Etat burundais mange ses enfants au propre comme au figuré. Les preuves sont légion mais arrêtons-nous cette fois sur le récent arrêt de la Cour spéciale des terres et autres biens.

Cette instance judiciaire atypique et controversée redouble d’ardeur pour expulser, avec fracas, des citoyens afin de satisfaire un Etat aux appétits gloutons. Un Etat-ogre à vrai dire.

Après avoir dépouillé, l’année dernière, l’entreprise RUGOFARM de feu Stany Habonimana (ancien parlementaire et ex-Consul honoraire de Roumanie au Burundi) de plus de 1500 hectares dans en province de Cibitoke, elle revient à la charge en chassant plus de 400 citoyens de leurs terres dans la localité de Kivoga.

Au moins 431 personnes sont sommées de quitter leurs terres endéans trois mois. Deux sociétés privées sont aussi affectées.

C’est du moins l’esprit de son arrêt diffusé lundi par médias interposés.

«La Cour spéciale des terres et autres biens a retourné au domaine privé de l’Etat la propriété de 770 hectares, a débouté les 431 familles de la population de Kivoga sur toutes leurs prétentions, a débouté la société Ruzizi sur toutes ses prétentions », a déclaré lundi aux médias locaux, Pascal Ngendakuriyo, Président de la Cour spéciale des terres et autres biens.

«Le contrat de location existant entre la société Ruzizi et SAVONOR est transféré à l’Etat du Burundi, met la masse des frais de justice sur les 431 familles de la population de Kivoga et la société Ruzizi à concurrence de 50% chacune», a ajouté le président.

Le Président de la Cour spéciale et autres biens a accordé 3 mois pour que les perdants enlèvent leurs plantes qui se trouvent dans cette propriété.

Face à un Etat cruellement insensible à leur douleur, des familles entières n’ont plus où donner de la tête. La désolation est totale.

Mais c’est précisément ce gâchis auquel on devait s’attendre au Burundi car le bien-être des citoyens est devenu le cadet des soucis des gestionnaires de ce pays qui croule sous le joug d’un sinistre système labélisé CNDD-FDD.