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Pierre Nkurunziza a totalement perdu le bras-de-fer engagé contre la Commission de l'UA


Éléments des forces armées burundaises

Après une opposition farouche et maladroitement exécutée, Pierre Nkurunziza vient finalement d'accepter qu'il a totalement perdu le bras de fer qu'il avait engagé contre la commission de l'Union Africaine.

Il vient d'ordonner son armée de recommencer le rapatriement de 1.000 soldats de son contingent au sein de la mission de l'Union africaine en Somalie.

Alors que le pouvoir de Bujumbura avait débuté le retrait le 21 février en rapatriant 210 soldats de la Somalie, puis 171 samedi qui s’étaient ajoutés a au moins 28 autres qui étaient en permission ou congé dans leur pays, le Burundi avait unilatéralement décidé dimanche le 24 Février d'interrompre le retrait des ses hommes de la Somalie, dénonçant une nouvelle fois une "injustice" à son égard.

Finalement, le gouvernement burundais s'est courbé devant un refus catégorique de l'UA de renégocier le redéploiement de son contingent au sein de l'AMISOM. Comptant sur un soutien régional, surtout de l'Ouganda, il avait exigé la tenue urgente d’un sommet des chefs d'État des pays contributeurs de troupes pour l'Amisom et avait même invité le président somalien a Bujumbura dans le but d'obtenir son soutien.

L'UA "a fait comprendre clairement au Burundi que la décision était définitive, qu'il n'y aurait pas de sommet des chefs d'État et qu'à partir du 1er mars les 600 soldats qu'il a refusé de retirer de Somalie ne dépendraient plus de l'UA ni pour les soldes, ni pour leur rapatriement ou encore en cas d'accident", a indiqué à une agence d'information une source de l'UA .

La présence de soldats burundais en Somalie constitue une source importante de revenus en devises pour le Burundi, ce qui explique la résistance du pays qui est l'un des pays les plus pauvres au monde.

"Pierre Nkurunziza a totalement perdu le bras-de-fer engagé contre la Commission de l'UA et il a décidé de faire marche-arrière après s'être rendu compte qu'il n'avait aucun soutien régional au sein des pays contributeurs", a confirmé un diplomate africain, sous couvert d'anonymat.

Avant cette decision de la commission de l'UA de retirer 1000 militaires au seul Burundi, environs 5.400 militaires burundais étaient déployés en Somalie. Ce qui faisait de lui le deuxième plus gros contingent de l'AMISOM derrière celui de l'Ouganda (6.200 hommes).

Déployé en Somalie depuis 2008, le Burundi y a payé un lourd tribut. Des sources militaires estiment à entre 800 et 1.000 le nombre de soldats burundais tués dans ce pays. Malgré ce lourd tribut, il semble que le régime de Bujumbura avait décidé de faire une priorité des recettes en devises sur la vie de ses soldats.