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Sur les pas de Stakhanov, Pierre Nkurunziza joue le héros normatif en finançant tout seul les élect


Pierre Nkurunziza, président du Burundi devant les guichets d'une banque locale

A l’instar d’Alekseï Grigorievitch Stakhanov, célèbre mineur soviétique qui, dans la nuit du 30 au 31 août 1935, aurait extrait 102 tonnes de charbon en six heures,( soit environ quatorze fois le quota demandé à chaque mineur), le Président burundais, Pierre Nkurunziza veut intégrer le Guinness des records des titans en finançant tout seul le processus électoral de 2020.

C’est en tout cas l’image qu’il ne cesse d’entretenir de lui-même en prouvant aux citoyens burundais qu’il ne lésine pas sur les moyens. Pour la 4ème fois consécutive, il vient en effet de déposer dans une banque locale quatre autres millions de Fbu, en guise «de contribution de sa propre famille aux élections de 2020».

«C’est pour la 4ème fois que ma famille fait ce geste patriotique de contribuer aux élections de 2020», a-t-il déclaré aux médias locaux.

A quinze mois des élections, Nkurunziza a déjà 70% du montant requis.

«Nous nous réjouissons de ce que 70% des moyens nécessaires sont déjà collectés pour les élections de 2020», a-t-il déclaré.

«Ce geste que nous venons de poser vient à point nommé parce qu’il y a deux mois, nous avons récolté et nous avons pu vendre nos récoltes et nous avons contribué à augmenter les recettes fiscales de notre pays», a mentionné Pierre Nkurunziza.

Il se pose ainsi en héros normatif. Mais le burundais Lambda sait pertinemment que Pierre Nkurunziza brasse du vent. C’est un as de la démagogie et du mensonge pur jus.

Il fait en effet abstraction de la notoire galère d’une bonne frange de burundais qui tirent le diable par la queue et n’ont rien à se mettre sous la dent.

C’est à ceux-là qu’il demande de se sublimer pour cotiser. En prétendant financer les élections de 2020, Nkurunziza ne fait que reverser à la caisse commune l’argent et bien d’autres biens collectés par l’administration locale dans tout le pays, pour lui.

Aujourd’hui, non content d’avoir sucé le peuple jusqu’à la lie, Pierre Nkurunziza vient de demander à tout le personnel enseignant dans le volet public de collecter de l’argent destiné «à la Première Dame». Les enseignants ont le blues. Ils n’hésitent pas de s’en plaindre ouvertement.

«L’organisation des élections sans aides extérieures montrent que les burundais sont capables de développer le pays mais le développement n’est pas seulement économique et social, il y a également le développement politique», a-t-il également souligné.

Son discours tranche avec la réalité sur terrain. La réalité qui crève les yeux est que les burundais se meurent au sud comme au nord. Les différents partenaires ne cessent de tirer la sonnette d’alarme ou de voler au secours des affligés.

Selon sa récente annonce via Twitter, le PAM (Programme Alimentaire Mondial) vient de venir en aide à la population de Kirundo. «Ce mardi, une aide d'urgence de 1.100 tonnes de vivres a été distribuée aux 22 milles ménages menacés par la famine des communes Busoni, Kirundo et Bugabira».

C’est sur fond d’une telle scène d’horreur, que Nkurunziza s’enorgueillit de surfer sur la vague du patriotisme en finançant de sa poche les élections à venir. L’histoire montrera sans doute qu’il avait des intérêts personnels à défendre.