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ACAT zoome le trop-plein de détenus dans quatre prisons majeures du Burundi


Les prisons burundaises restent bondées, pleines à craquer ; en dépit de la récurrente mesure de relaxation des détenus condamnés, tant vantée par les autorités comme une largesse sans précédent.

Ces mesures pompeusement annoncées sous forme de grâce présidentielle ne sont que cosmétiques.

En réalité, la consigne non officielle pour policiers et autres Imbonerakure est toujours de coffrer à la pelle les ennemis déclarés du régime afin de les engloutir sournoisement et un à un sans que les militants des droits de l’homme et ONG à la langue pendant n’en aient écho.

Les cibles privilégiées sont particulièrement des jeunes tutsis cueillis dans les quartiers contestataires du 3ème mandat du Président Pierre Nkurunziza, au détour d’une fouille-perquisition sinon d’une simple patrouille policière. A ceux-là s’ajoutent d’autres tutsis, membres des corps de défense et de sécurité. Ils constituent une bonne frange de personnes détenues au Burundi.

Le récent rapport de l’ONG ACAT-BURUNDI sur quatre prisons du pays donne du frisson.

Cette association de défense des droits de l’homme braque en effet ses projecteurs sur les prisons de Muramvya (vers le centre), Mpimba (Bujumbura-mairie), Rumonge (sud) et Gitega (centre).

Ainsi, pour une capacité d’accueil initiale de 100 détenus, la prison de Muramvya renferme 948 personnes dont 13 mineurs. Son taux d’occupation de l’espace est de 948%.

Non loin de Muramvya, la prison de Gitega a une capacité initiale d’accueil de 400 détenus. Elle en héberge aujourd’hui 1306. Soit une capacité de surpeuplement de 306%.

Au sud du Burundi, la sinistre prison de Rumonge a une capacité initiale d’accueil de 800 personnes. Elle en recèle aujourd’hui 1301 dont 10 nourrissons. Soit un taux d’occupation de 164.8%.

Enfin, la prison centrale de Mpimba dont la capacité initiale d’accueil est aussi de 800 détenus. Cette prison héberge aujourd’hui 4200 détenus. Soit un taux d’occupation de 525%.

Selon ACAT/Burundi, le contexte actuel n’augure rien de prometteur. «Le contexte actuel au Burundi n’augure aucun signe d’espoir pour la population burundaise en général et pour la population carcérale en particulier, puisque les détenus poursuivis pour des crimes à caractère politique continuent d’être la cible des imbonerakure», s’inquiète-t-elle.

La prison de Rumonge est particulièrement identifiée comme dangereuse pour les détenus.

«Un climat de méfiance continue de régner dans la prison de RUMONGE entre les prisonniers qui ont manifesté contre le 3e mandat de pierre NKURUNZIZA et les Imbonerakure (jeunes de parti au pouvoir le CNDD-FDD)», conclut ACAT/Burundi.