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Le pouvoir CNDD-FDD exploite une scène de ménage pour caresser la corde ethnique dans le Mugamba


Laurentine Kanyana, ministre de la justice burundaise

Le régime burundais voit tout à travers le prisme ethnique. La Ministre burundaise de la Justice et Garde des Sceaux, Aimée Laurentine Kanyana s’est personnellement déplacée ce week-end vers la colline Muyange-Kavumu de la Commune Mugamba, province Bururi, pour tenter de réconcilier un jeune couple ethniquement mixte (époux tutsi et épouse hutue».

Pour l’occasion, elle s’était fait accompagner par une meute de journalistes armés de caméras et autres micros indiscrets, missionnés pour zoomer au détail près, l’aversion de l’ethnie «hutu» dans le Mugamba.

Cet événement a pris une ampleur « nationale » et la presse locale en a fait ses choux gras tout le week-end.

En effet, la ministre a volontairement grossi le fait divers en attirant l’attention de l’opinion sur le fait que la femme était sur le point d’être chassée, parce qu’elle est issue de l’ethnie hutue. La ministre a tranché en live et en faveur de la femme, hutue.

«Après avoir écouté la femme, son mari, sa belle-mère et les autorités locales, des mesures administratives ont été prises par Aimée Laurentine Kanyana, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, notamment celle d'ouvrir la maison à la femme», ont rapporté les médias locaux, citant la Ministre Aimée Laurentine Kanyana. Dans son discours circonstanciel, elle a longuement insisté sur l’appartenance ethnique des époux.

« Il s'agit de Hafashimana J. Claude (Tutsi) qui n'est pas en bons termes avec sa femme Sindayigaya Immaculée (Hutu), et qui a pris la décision de se débarrasser d'elle en fermant les portes de la maison dans laquelle elle vivait avec ses enfants », a déclaré la Ministre.

Selon des observateurs, la Ministre ne devait pas se saisir si vite d’un tel cas avant que les autres instances, y compris judiciaires, ne donnent leur avis. Bien plus, en spécifiant l’appartenance ethnique des époux, elle avait sans doute d’autres desseins inavoués. Car de telles scènes se retrouvent aussi bien au sein des couples de tutsis que de hutus. Elle avait donc une nette intention d’attiser la haine ou l’aversion ethnique.

Pour rappel, le mariage exogamique existe bel et bien au Burundi depuis des lustres. Il se traduit notamment par des unions entre Burundais et étranger, catholique et protestant, chrétien et musulman, hutu et tutsi …

Dans le cas d’espèce, lorsqu’un ministre relève, pour le regretter, le cas d’un couple en désaccord et qu’elle explique au public que la toile de discorde est que l’épouse est d’origine ethnique hutue, il y a anguille sous roche.