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Les hauts cadres de l’armée et de la police défient la neutralité mandatée par la constitution


Tous en costume, les cadres officiers de l’armée et de la police burundaise natifs de la province de Muramvya, majoritairement hutus et issus du NCDD-FDD marquent le pas pour soutenir Pierre Nkurunziza aux élections de 2020. Ils déposent une somme de 26.465.400 francs burundais à la Banque Commercial de Burundi(BANCOBU) agence de Bugarama en date du 16 Mars 2019.

La nouvelle constitution du Burundi promulguée en date du 7 Juillet 2017 et qui a été contestée par l’opposition, stipule en son article 250 : Ni les corps de défense et de sécurité, ni aucun de leurs membres ne peuvent, dans l’exerce de leurs fonction, manifester leurs préférences politiques (alinéa 2) ou participer à des activités ou manifestations à caractère politique (alinéa 5).

« En déposant cet argent au compte destiné à financer les élections de 2020 que le CNDD-FDD veut organiser en solo, ces militaires et policiers issus du maquis montrent qu’ils ne se sont jamais détachés du parti », nous a indiqué un homme de droit qui a requis l’anonymat.

D’autres hauts cadres du ministère de défense et des anciens combattants ainsi que ceux de la police s’activent pour faire le même geste, selon notre source. « Les cadres de ce ministère qui refuseront de cotiser aux élections présidentielles de 2020 seront considérés comme des ennemis du pays », continue la même source qui travaille à l’Etat-major de l’armée burundaise.

Les cadres natifs de la province de Muramya qui se sont déplacés dans la zone de Bugarama pour déposer cette somme de plus de 26 millions de francs burundais sont entre autre, le commissaire de police chef CPC Gabriel Nizigama Chancelier des Ordres Nationaux de la République du Burundi ainsi que le Chef d’Etat-major General Major Prime Niyongabo.

En 2017, les ministres burundais de l'Intérieur et des Finances ont présenté une ordonnance commune qui institue cette contribution, dénoncée par l'opposition et la société civile comme un "vol organisé". La collecte s’opère jusqu’aux burundais qui se trouvent sur leurs lits de mort.