• burundidaily

Le Parti CNL choisit la politique d'apaisement: Silence « assourdissant » de Rwasa face à la per


Agathon Rwasa, president du Congrès National pour la Libération (CNL)

Les membres du parti Congrès National pour la Libération (CNL) tremblent le grelot à travers tout le pays. Pour cause, des arrestations intempestives et illégales qu’ils subissent. Des agents de la police et des « imbonerakure » jeunes du parti CNDD-FDD sont pointés du doigt.

Au cours de la semaine du 17 au 24 Mars 2019, il s’est observé une recrudescence des interpellations des membres du parti CNL presque partout dans tout le pays. Ceux qui sont dans le viseur des imbonerakure, les jeunes du parti au pouvoir CNDD-FDD sont les leaders du CNL au niveau des communes.

Deux représentants de ce parti dans la commune de Butihinda de la province Muyinga au Nord du pays se sont vus encerclés par les agents de la police et imbonerakure le matin de ce mardi 19 Mars 2019. Il s’agit d’Adamon Nshimirimana représentant du parti CNL dans cette commune ainsi que son secrétaire Alexandre Ndayishimiye, enseignant à l’école fondamentale de Mugongo. Ces deux responsables du CNL dans la commune de Butihinda sont accusés de détenir des reçus destinés à collecter des contributions pour le compte de leur parti.

Dans la commune de Nyarusange de la province de Gitega, au centre du pays, Dieudonné Niyokwizera responsable du Parti CNL dans cette commune se dit très inquiet pour trois membres de son parti qui sont en cavale depuis ce vendredi 22 mars 2019. Des jeunes du parti au pouvoir menaçaient de les arrêter. Selon nos sources sur place, ces trois membres du CNL sont accusés injustement d’être parmi ceux qui ont battu un policier du poste communal de Nyarusange.

Le même scénario s’est observé dans la soirée de ce jeudi 21 Mars 2019 sur la colline Gatare de la commune de Gashikanwa en province de Ngozi. Six membres du parti Congrès National pour la Liberté ont été tabassés par des jeunes affiliés au parti CNDD-FDD. Le seul tort qui leur est reproché est de ne pas avoir voulu appartenir au parti CNDD-FDD et d’organiser des rencontres sans l’aval des autorités communales.

Ces cas illustrent un phénomène qui prend une allure très inquiétante dans toutes les communes du pays. Certains responsables du parti CNL au niveau des communes que nous avons contacté exhortent le ministère de l’intérieur d’ouvrir l’espace politique pour tout le monde surtout en évitant le deux poids deux mesures. Les leaders du CNL au niveau national ont jusqu’ici opté pour le silence face à ces menaces qu’endurent leurs partisans.

L’espoir pour un espace politique ouvert à tous qu’avait nourri Agathon Rwasa le patron du CNL le jour de l’agrément de son parti semble être en perte de vitesse. Il avait rassuré ses membres que désormais, ils allaient mener des activités de leur parti sans être inquiétés. Au lieu de défendre publiquement les membres de ce nouveau parti, Agathon Rwasa et ses collaborateurs semblent avoir fait un calcul qui épouse la politique d'apaisement.