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Burundi : 14 organisations en exil appellent l’UA et l’ONU à «prendre les rênes du dialogue d’Arush


Quatorze organisations burundaises de la société civile ont demandé jeudi à l’Union africaine (UA) et l’Organisation des nations unies (ONU) de «prendre les rênes du dialogue d’Arusha» pour que le désespoir ne mène aux autres voies plus dangereuses pour le pays et toute la région, a-t-on appris de leur déclaration.

«Nous interpellons l’UA en collaboration avec l’ONU pour prendre les rênes de ce dialogue pour éviter que le désespoir ne conduise vers des voies de résolution des conflits non désirées en raison des conséquences fâcheuses pour le pays et la région », ont-elles déclaré conjointement.

Elles dénoncent le blocage total du dialogue à la veille des élections. «Nous constatons avec regret que rien ne filtre autour des prochaines étapes dudit dialogue qui constitue pourtant un préalable indispensable à l’organisation des élections libres et transparentes théoriquement prévues en 2020».

L’échec du dialogue d’Arusha est dû au manque de soutien régional.

«Le Facilitateur a justifié son échec par l’absence d’un soutien significatif de la part des chefs d’États de la région qui seraient divisés sur la question».

Mais la crise perdure dans le pays. « L’espace politique reste verrouillé, les militants des partis de l’opposition sont traqués, arrêtés ou tués, des cadavres sont découverts presque quotidiennement dans les lacs, rivières et forêts burundais, après la destruction et l’incendie des médias indépendants et la radiation d'associations de la société civile ».

Les organisations signataires sont : l'Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT-Burundi), l'Association Burundaise pour la Protection des Droits Humains et des Personnes Détenues (APRODH), l'Association des Journalistes Burundais en Exil (AJBE), la Coalition Burundaise pour la CPI (CB-CPI), la Coalition Burundaise des Défenseurs des Droits de l’Homme (CBBDH), la Coalition de la Société Civile pour le Monitoring Electoral (COSOME), le Collectif des Avocats des Victimes des Crimes de Droit International commis au Burundi (CAVIB), le Forum pour la Conscience et le Développement (FOCODE), le Forum pour le Renforcement de la Société civile (FORSC), le Groupe de Recherche et d’Appui au Développement des Initiatives Démocratiques (GRADIS), la Ligue ITEKA, le Réseau des Citoyens Probes (RCP), SOS-Torture, et l'Union Burundaise des Journalistes (UBJ).

Toutes ces organisations sont en exil et la plupart d’entre elles ont été radiées par le gouvernement du Burundi.

Initié fin 2015 à Arusha, dans le nord de la Tanzanie, le dialogue inter-burundais s’est bouclé fin décembre 2018 par un 5ème round sans résultat palpable.

La facilitation assurée par l’ancien président Benjamin Mkapa n’a jamais pu mettre autour d’une même table le gouvernement et ses opposants radicaux.

Les principaux points de divergence portent, notamment, sur la «levée des mandats d’arrêt et l'amnistie des détenus politiques » et « le dialogue avec les groupes armées».

Depuis près de quatre ans, le Burundi traverse une grave crise politique et sécuritaire, liée au troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, qu’il a brigué en 2015, un mandat jugé illégal par l’opposition et la société civile. Les violences générées par cette crise ont déjà fait des milliers de morts et poussé plusieurs centaines de milliers d’autres à fuir le pays.