• burundidaily

Pierre Nkurunziza en guerre ouverte contre le terrorisme « maison »


C’est désormais officiel. Le Burundi fait face au terrorisme interne farouchement alimenté par d’irréductibles ennemis «du dedans».

Pour juguler une fois pour toutes cette gangrène, le gouvernement met en place un centre de lutte contre le terrorisme. Les ministres de Pierre Nkurunziza viennent en effet de plancher en conseil sur un « projet de décret portant création d’un centre opérationnel de lutte contre le terrorisme ».

Le texte a été expliqué par le Ministre de la sécurité publique, Alain Guillaume Bunyoni. L’idée fait frissonner plus d’un.

Car instituer un centre officiel de lutte contre le terrorisme est synonyme de reconnaissance de l’existence des terroristes dans le pays.

Or, dans la conception nkurunzizienne du phénomène, les terroristes- maison qu’il est urgent de se débarrasser ne sont que des Tutsis et dans une moindre mesure quelques autres voix discordantes qui refusent de rentrer dans les rangs.

Quoi qu’il en soit, si le concept reste encore difficile à décrypter dans toutes ses dimensions, les cibles sont a priori trop connues.

D’ailleurs les services de communication du Président Pierre Nkurunziza se sont vite empressés à commenter ledit projet de loi avant que le conseil des ministres n’ait donné son assentiment.

Dans un de ses tweets sur son compte officiel, Jean Claude Karerwa Ndenzako, porte-parole du président burundais semble se frotter déjà les mains, conscient de ce qui attend les personnes dans le viseur du Président, véritable initiateur de cette idée mortifère.

«Les carottes sont cuites, du moins en quelque sorte. Le Burundi va bientôt mettre sur pied un Centre Opérationnel de Lutte contre le Terrorisme (COLT). Les hawalas/hundis feront l'objet de l'attention du COLT et les hawaladars n'auront plus de place sur le territoire burundais », a-t-il écrit non sans ésotérisme. Dans ce paragraphe assassin, le porte-voix de Nkurunziza précise que « les carottes sont cuites » pour…suivez mon regard.

Sans doute que les « hawaladars » et les « hawalas/hundis » se reconnaissent déjà.

Dans ce cas d’espèce comme dans bien d’autres d’ailleurs, Pierre Nkurunziza étonne et détonne. D’une part en légiférant pour une catégorie de citoyens (cela n’arrive qu’au Burundi car la loi est générale par essence). D’autre part en s’engageant à mater les présumés terroristes alors qu’il est lui-même terroriste ambulant et condamné.

Il est à rappeler en effet que Pierre Nkurunziza a été condamné à mort pour terrorisme avant de bénéficier d’une amnistie encore controversée.