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Dossier Germain Rukuki : Vaste indignation des organisations internationales et burundaises de défen


Au chapitre des violations des droits humains, la palme du dégatier revient sans doute à l’appareil judiciaire burundais.

Tenez. Après avoir mis au noir Germain Rukuki, un innocent cueilli dans son ménage par des policiers/Imbonerakure à la solde de Pierre Nkurunziza, voilà que, près de quatre mois après son audience devant la cour d'appel de Bujumbura le 26 novembre 2018 son dossier disparaît miraculeusement. Le tribunal vient en effet de déclarer au grand jour que cette affaire a mystérieusement disparu de ses radars. Inédit.

Cette irrégularité programmée irrite particulièrement les défenseurs des droits humains.

C’est dans ce cadre que 21 organisations internationales et burundaises de défense des droits de l’homme ont demandé, mercredi à travers une déclaration commune, que la lumière soit rapidement faite sur cette affaire et que le dossier de Germain Rukuki réapparaisse.

« Nous, organisations non gouvernementales soussignées, condamnons fermement cette erreur flagrante de justice et insistons sur le fait que la condamnation de Germain est illégale et s'inscrit dans une série d'attaques systématiques contre les défenseurs des droits de l'homme et les voix dissidentes exprimées depuis 2015, comme le fait écho la communauté internationale des droits de l'homme, la société civile internationale et nationale, ainsi que les Nations Unies et la Commission d'enquête sur le Burundi dans son rapport publié en septembre 2018 », ont-elles déclaré en chœur.

« La perte de son dossier viole le droit de Germain Rukuki à un procès équitable, en plus des multiples irrégularités et retards indus qui caractérisent la procédure judiciaire depuis son arrestation en juillet 2017 », ont-elles ajouté.

Au total, 21 Organisations ont signé cette déclaration. Il s’agit de : Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT-Burundi), Agir Ensemble pour les Droits de l'Homme (AEDH), Association des journalistes burundais en exil (AJBE), Amnesty International, Campagne “Tournons la page”, Coalition Burundaise des Droits de l'Homme (CBDDH), Coalition Burundaise pour la Cour Internationale (CB CPI), Collectif des avocats de la défense des victimes de crimes de droit international commis au Burundi (CAVIB), Coalition de la Société civile pour le suivi électoral (COSOME), DefendDefenders (Projet de défense des droits de l'homme dans l'est et la corne de l'Afrique), Fédération internationale des ACAT (FIACAT), Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), dans le cadre de l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme, Forum pour le renforcement de la société civile (FORSC), Front Line Defenders, Service international pour les droits de l'homme (ISHR), Ligue Burundaise des Droits de l'Homme Iteka, Mouvement des femmes et des filles pour la paix et la sécurité au Burundi (MFFPS), Observatoire de Lutte contre la Corruption et les Malversations Economiques (OLUCOME), Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT), dans le cadre de l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme, Protection Internationale, Réseau des Citoyens Probes (RCP).

Pour rappel, Germain Rukuki, ancien employé de l’ONG "Action des chrétiens pour l’abolition de la torture"(ACAT-Burundi), été condamné jeudi 26 avril 2018 à 32 ans de prison par un tribunal de Bujumbura pour «avoir participé à un mouvement insurrectionnel dans le but de changer le régime constitutionnel» et pour participation «dans l’assassinat de policiers et militaires à partir du 13 mai 2015», date d’une tentative de putsch au plus fort de la contestation du 3e mandat du président Pierre Nkurunziza. La société civile estime elle qu’il paie pour tous les rapports qui ont mis en exergue les graves crimes qui se poursuivent dans ce pays.