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La rancune de Nkurunziza envers les gosses «gribouilleurs» ne s’émousse pas


Exit l’ère où la colère du parent ne durait pas. S’il en est un, le Président burundais, Pierre Nkurunziza prouve qu’il couve toujours une haine poisseuse envers les gosses scolaires qui ont eu le culot de falsifier sa photo dans les manuels scolaires.

Non content de leur libération provisoire décidée par sa Ministre de la Justice Laurentine Kanyana, le voilà qui, par un appel du pied, demande aux autorités scolaire de Kamuri en province de Kirundo de laver son affront en bannissant les suspects de l’établissement.

C’est ainsi que cinq élèves présumés gribouilleurs viennent d’être définitivement renvoyés de l’école à Kirundo (école fondamentale AKAMURI) pour «avoir gribouillé » la photo du président, Pierre Nkurunziza, imprimée dans les manuels scolaires.

«La falsification des manuels scolaires est sanctionnée par le renvoi définitif, c’est ce que méritent ces jeunes filles qui ont falsifié la photo du Chef de l’Etat dans les livres de l’école», a déclaré Musafiri Nestor, Directeur provincial de l’enseignement à Kirundo.

Pour rappel, trois d’entre elles venaient de bénéficier d’une liberté provisoire tandis que deux autres coaccusées étaient restées libres.

«Elles ont été libérées provisoirement mais pas blanchies dans cette affaire», a ajouté le directeur provincial de l’enseignement.

Le 12 mars dernier, sept enfants de l’Ecole Fondamentale de Kamuri, commune de Kirundo, frontalière du Rwanda, au nord du Burundi, avaient été arrêtés sur décision du parquet de Kirundo pour avoir gribouillé la photo du Président Nkurunziza imprimée sur leurs manuels scolaires.

Parmi eux, trois écolières avaient été écrouées à la prison de Ngozi (120 km de Bujumbura) vers le nord. Une semaine après, la Ministre de la Justice Aimée Laurentine Kanyana a ordonné leur libération provisoire. Selon le directeur, elles sont frappées par le «règlement scolaire».

Plusieurs organisations de défense de droits de l’homme, dont Human Rights Watch (HRW) avaient dénoncé cette décision et demandé la libération de ces écolières.

En 2016, en pleine crise née du 3ème mandat du président Nkurunziza, plus de 40 élèves dont l’âge était compris entre 15 ans et 18 ans avaient subi le même sort, à Muramvya, dans le centre du pays.

Ils étaient également accusés d’avoir gribouillé les photos du président Pierre Nkurunziza dans les manuels scolaires.

En dépit des plaidoiries d'associations de défense des droits des enfants, certains de ces enfants ont quand même dû passer des mois en prison, certains ont été renvoyés de l’école, tandis que d’autres ont été sommés de payer pour remplacer les manuels scolaires abîmés.