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L’ONG belge 11.11.11 refuse de se plier au fichage ethnique de ses employées et ferme son bureau à B


Après Avocats sans frontières et RCN/Justice et Démocratie, c’est autour de l’ONG belge 11.11.11 de mettre la clé sous le paillasson à son bureau local de Bujumbura.

Cette organisation s’est en effet refusé de s’astreindre à la loi du fichage ethnique de ses employés comme le lui demande le gouvernement burundais.

«11.11.11 a une représentation au Burundi depuis 2007 mais le 14 avril 2019, elle est obligée de fermer les portes de son bureau à Bujumbura», a déclaré Lore Bertrem, Coordinatrice du Bureau.

Cette décision est prise plus de six mois après la mesure gouvernementale ordonnant aux ONG étrangères de se conformer à loi adoptée en janvier 2017. Le Ministère de l’intérieur a conditionné la reprise de leurs activités à la validation d’un dossier comprenant quatre documents.

Il s’agit d’une convention de partenariat avec le Ministère des relations extérieures, d’un protocole d’accord avec le Ministère de la justice, d’un engagement à respecter les lois bancaires et la loi sur les ONGE, et d’un plan d’action pour mettre en place des mesures de recrutement visant à atteindre des quotas déterminés en termes de composition ethnique du personnel.

«Ces exigences sont selon 11.11.11 en conflit avec les droits humains et peuvent contribuer à la division ethnique dans le pays», a déclaré la Coordinatrice. «Appliquer des quotas ethniques est en contradiction avec les valeurs de 11.11.11 et n’honore pas notre approche «Agir sans Nuire», vu les tensions historiques entre les ethnies au Burundi», a-t-elle ajouté.

Depuis 2007, cette organisation appuie les organisations de la société civile burundaise qui travaillent pour la participation citoyenne, la bonne gouvernance et la démocratie.

Fin septembre dernier, le Conseil national de sécurité du Burundi a ordonné la suspension des activités de toutes les Organisations non gouvernementales (ONG) étrangères pour une période de trois mois en vue de vérifier leur "conformité à la loi et au règlement en vigueur au Burundi".

Deux autres ONG ont déjà fermé leurs bureaux. Il s’agit de RCN/Justice et Démocratie et Avocats sans frontières (ASF). Sur un total de 130 ONG, seules 84 ONG ont déjà repris leurs activités.

Selon des observateurs, Bujumbura veut renforcer le contrôle visant les ONG étrangères, principal source de devises dans le pays après la suspension par les partenaires occidentaux de l'aide budgétaire directe au gouvernement. En janvier 2017, le gouvernement a mis en place une nouvelle loi régissant les ONG étrangères. Elle prévoit notamment un strict contrôle de leurs finances, des frais administratifs et des quotas ethniques dans le recrutement du personnel (60% de Hutu et 40% de Tutsi, comme dans l'administration).