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Pierre Nkurunziza apostrophe les hutus pour raviver la haine atavique envers les tutsis


Président Pierre Nkurunziza lors des cérémonies officielles à Bujumbura

Alors que le pouvoir ne pipe mot sur les «disparus» d’aujourd’hui dont il ne cesse d’allonger la liste, le voilà qui, via le hashtag « le droit de savoir » balance quelques noms des victimes hutus d’hier, juste pour montrer aux hutus leur ennemi. Le Tutsi.

A l’approche du 29 avril, date anniversaire du génocide perpétré contre les hutus il y a 47 ans, le Président burundais Pierre Nkurunziza multiplie les appels du pied envers les hutus pour surchauffer les émotions qui risquent de déverser une violence envers les tutsis.

Via Zéphyrin Maniratanga, son chef de protocole et laudateur inconditionnel, il distille des messages de haine pur jus en ramenant à la surface les événements, certes tragiques et regrettables, de 1972 où des hutus et des tutsis ont été injustement engloutis.

«Nous devons nous souvenir des nôtres, c’est un devoir. Le monde entier doit savoir que parmi les génocides du 20ème siècle, il y a celui commis contre les Hutus au Burundi en 1972 par le pouvoir de Michel Micombero. Il y a eu entre 300 & 500 mille morts. Une véritable extermination», a déclaré Zéphyrin Maniratanga via « le droit de savoir », un hashtag circonstanciel et thématisé.

Il prend soin de leur faire remarquer que la chasse à la fine fleur des hutus (intellos) avait commencé bien avant cette date fatidique.

«Avant d'arriver au génocide contre les Hutus au Burundi qui a commencé le 29 avril 1972 et qui a fait près de 500 mille victimes, le pouvoir de Michel Micombero a systématiquement procédé à l'élimination physique de l'élite hutue.1964, 1965 &1969 en sont des parfaits exemples».

Alors que le pouvoir ne pipe mot sur les «disparus» d’aujourd’hui dont il ne cesse d’allonger la liste, le voilà qui, via le hashtag « le droit de savoir » balance quelques noms des victimes hutus d’hier, juste pour montrer aux hutus leur ennemi. Le Tutsi.

A travers ses porte-voix, Pierre Nkurunziza fait abstraction de la brûlante actualité. Des crimes en cours et dont il est à la fois commanditaire et exécutant.

Dans sa Campagne estampillée « Ndondeza », le militant des droits de l’homme Pacifique Nininahazwe (en exil) a recensé des centaines de personnes kidnappées et éliminées par les services secrets de Pierre Nkurunziza.

Ce militant des droits humains a méticuleusement détaillé certains cas d’assassinats orchestrés par les premiers couteaux de Pierre Nkurunziza. Le cas d’un certain Placide Mpawenayo, militaire en fonction, en est un.

« Le 4 avril 2016. Caporal Placide Mpawenayo (matricule 56420), ex-FAB, a répondu au rendez-vous du 1er sergent-major Ndayishimiye, ex-FDD, à Kamenge. Sur le lieu du rendez-vous, il aurait trouvé une camionnette du SNR qui l'attendait. Il est depuis introuvable ».

Ou encore d’un certain opposant, Vital Nyandwi. « Epitace Ndayiragije, chef du SNR à Ruyigi, doit communiquer sur le lieu de détention de Vital Nyandwi, militant du parti CNL rentré d'exil le 13 mars 2019 à Gisuru et arrêté deux jours plus tard. Pierre Nkurunziza est l'autorité de tutelle du SNR »

Les Burundais ont besoin de se mettre à l’écoute de Martin Luther King pour se défaire des démons de l’ethnisme. « L’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité ; seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine ; seul l’amour le peut », avait déclaré ce brillant Pasteur noir américain assassiné le 04 avril 1968.