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Des réfugiés burundais emprisonnés pour avoir quitté leurs camps à la recherche du bois de chauffage


La situation des réfugiés burundais sur le sol tanzanien va de mal en pis. Les mauvaises conditions de vie et la pression des autorités tanzaniennes pour les forcer de rentrer au pays d'origine en constituent les principales causes.

Depuis le début du mois d’Avril 2019, la police et l’armée tanzanienne ont mené d'intenses opérations dans la région de Kigoma pour démanteler des groupes armés soupçonnés d’être des burundais. Cette chasse a fait que les autorités tanzaniennes prennent des mesures qui interdisent la sortie des réfugiés burundais à l’extérieur des camps.

Kigoma abrite trois camps de réfugiés, à savoir Nduta, Mtendeli et Nyarugusu. En plus de cette décision perçue comme une mesure punitive à l’endroit de ces réfugiés, ils se sont vus refuser le droit d’accès aux marchés basés à l'extérieur des camps. Les kiosques qui étaient installés à l’intérieur des camps ont aussi été démolis.

Face à ces mesures contraignantes, le désespoir des réfugiés cède à la colère. Sans bois de chauffage, la vie se complique. Les jeunes filles et femmes qui normalement s'occupent de la collecte de ce bois de chauffage dans les forets environnants les camps commencent à défier ces mesures. Elles sortent de plus en plus des camps à la recherche de cette matière première qui serve de fuel domestique pour la cuisine. En sortant des campas, elles s'exposent soit à l'emprisonnement ou soit à la violence sexuelle.

Une dizaine des réfugiés du camp de Nduta ont déjà été arrêtés et sont gardés dans le cachot de la police de la localité de Nyamusivya. Ils sont accusés d'avoir défié les mesures qui les interdisent de sortir de leur camps pour collecter des bois de chauffage. Ils écopent actuellement un emprisonnement d'une année et une amande de 700.000 Shilling tanzanien par tête.

" Nous demandons qu'ils soient libérés, ce n'est pas de leur faute, le HCR ne nous donne plus de bois de chauffage. Certains parmi eux ont des enfants qui sont laissés dans le camp et ils n'y a personne pour s'occuper de ces enfants." indique un des réfugiés du camp de Nduta contacté par notre rédaction.

En outre, 12 femmes qui étaient aussi à la recherche du bois de chauffage ont été victimes de viol sexuel. Parmi elles, deux sont des jeunes filles de 14 ans et 15 ans. Ces 12 femmes, toutes du camp de Nduta, et ont été violées durant la dernière semaine du mois de Mars 2019.

Une infirmière de l’ONG Médecin Sans Frontière qui a requis l’anonymat confirme que le diagnostic médical confirme que ces femmes sont victimes de viol sexuel.

En plus de ces mesures contraignantes, des responsables des camps organisent des réunions en cascade, pour contraindre les réfugiés retourner au pays d’origine arguant que la paix et la sécurité sont rétablies au Burundi. Suite à ces menaces des autorités, la vie devient de plus en plus intenable.

Un bon nombre de ces réfugiés commencent à franchir la frontière kényane afin de demander asile au camp des réfugiés de Kakuma, où ils espèrent un asile meilleur. 56 d’entre eux ont été interceptés par la police tanzanienne non loin de la frontière avec le Kenya, en date du 18 Mars 2019.

La Tanzanie est le premier pays de l’EAC à avoir accueillis le plus grand nombre des réfugiés burundais il y a à peu près 4 ans depuis le déclenchement de la crise actuelle liée au forcing du Président Pierre Nkurunziza de se maintenir au pouvoir.

Ce pays abrite plus de 400,000 réfugiés selon les chiffres du HCR.