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Des jeunes Imbonerakure sèment la terreur dans le sud


La milice Imbonerakure en tenu du parti CNDD-FDD est souvent comparée a la fameuse milice Interahamwe accusee des actes de génocide au Rwanda.

Ces derniers jours, les membres de la Ligue des jeunes Imbonerakure, appendice officiel du parti CNDD-FDD au pouvoir, sèment la terreur dans le sud du Burundi, en particulier dans la province de Makamba. Cette ligue est décrite comme une milice par l'ONU.

Ils malmènent ou dépouillent les habitants ou les simples passants de tout, au vu et au su de tous. Selon des témoignages concordants relayés par les défenseurs des droits de l’homme, même la police ou l’administration locale n’ont aucune emprise sur ces jeunes enragés. «Les cas les plus récents sont ceux renseignés les 24 et 25 avril sur les collines Jimbi et Kibago. Des gens ont été rançonnés et menacés de mort. Ces jeunes militants du parti au pouvoir profèrent des messages qui incitent à la haine ethnique, c’est très inquiétant», rapporte un témoin oculaire de ces scènes d’horreur.

L’une de leurs dernières victimes est un certain Nsabiyumva, de l’ethnie tutsie. Il a été roué de coups avec, à la clé, un message destiné à tous les membres de sa communauté ethnique. « Vous les Tutsi vous nous dénigrez, vous ne savez pas que vous n'avez plus de place ici », lui disaient-ils.

Selon des témoins, ces criminels l’ont ensuite conduit, dans un état comateux cela va sans dire, au cachot du commissariat communal de Kibago.

Le lendemain, les policiers l’ont relâché sans aucune intention de poursuivre ses agresseurs.

Malheureusement, cet incident est loin d’être isolé dans la région ou même dans le pays. D’autres jeunes Imbonerakure rançonnent les passants, de nuit, sans qu’ils soient inquiétés. Sur la colline Rwahirwa, 8 jeunes Imbonerakure en patrouille nocturne (opération aussi irrégulière qu’illégale) viennent de dépouiller littéralement de paisibles citoyens qui étanchaient leur soif dans un bistrot.

«Ils se sont introduits dans une buvette et ont exigé à ceux qui étaient là de payer leurs consommations, peu après, ils ont pris des boissons et nous ont obligés de payer avant de nous exiger de leur donner une somme de 5 000 francs sans quoi ils allaient nous accuser de tenir une réunion clandestine! On s'est exécuté», témoignent, résignés, des habitants ciblés.

Un administratif à la base contacté dit qu'il ne peut rien faire contre ces jeunes du parti au pouvoir car «ils sont gérés ailleurs qu'à son niveau ».

Contacté en off, un policier en uniforme avoue aussi son incapacité face à un gang de criminel couvert depuis le sommet de l’Etat.

«On ne peut pas les arrêter même s'ils le faisaient en notre présence car ils se comportent comme un corps de sécurité parallèle! Ils effectuent même des entraînements paramilitaires au su et vu des autorités administratives et policières en toute quiétude!», a-t-il témoigné sous signe d’anonymat.

Selon des observateurs de la politique de la région des grands lacs qui voient des similarités entre les Imborakure du Burundi et les Interahamwe du Rwanda d'avant 1994, cette anarchie programmée n’augure rien de bon pour le pays.