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L’ONG Human Rights Watch dénonce la poursuite de la «répression» des opposants au Burundi.


L’ONG des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) dénonce la répression des opposants qui se poursuit dans «en toute impunité» au Burundi, a-t-on appris d’une déclaration publiée lundi sur son site.

«Depuis février, quand le CNL (Conseil national pour la liberté) a été agréé, nous avons reçu des dizaines d’allégations d’arrestations, de passages à tabac, d’intimidations et de disparitions de membres de ce nouveau parti», a déclaré Lewis Mudge, directeur de la division Afrique Centrale de HRW.

Le CNL est un nouveau parti d’opposition récemment créé par l’ancien leader rebelle Agathon Rwasa dont le pouvoir redoute la popularité grandissante.

«Lorsque les responsables administratifs locaux identifient des partisans du CNL, ceux-ci sont rapidement arrêtés et accusés de participer à des réunions «illégales». Et d’ajouter: «les rapports quotidiens publiés par les groupes d’observateurs locaux laissent entendre que c’est une pratique généralisée».

Les auteurs de cette vague de répressions sont «des membres du service national de renseignement, de la police et des Imbonerakure, le mouvement de jeunes associé au parti au pouvoir».

HRW dénonce, en outre, les menaces qui pèsent sur les piliers fondamentaux de l’Etat dans le pays. «Des avocats et des juges ont évoqué à plusieurs reprises l’influence des responsables du CNDD-FDD (parti présidentiel) sur le système judiciaire aux niveaux local, provincial et national».

HRW appelle l’Union africaine (UA) à prendre ses responsabilités pour «trouver une solution à la situation des droits humains au Burundi».

«Ses observateurs sont présents dans le pays depuis 2016, mais leur accord d’intervention n’est pas clair et leurs rapports ne sont pas rendus publics», souligne l’ONG.

Au moment où le bureau du Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, la société civile et les médias indépendants ont été écartés, les agents de l’UA constituent la seule mission d’observateurs externes ayant accès au Burundi.

«Face à une intensification de la crise qui se profile à l’horizon, l’UA devrait s’assurer que la vérité sur les violations des droits au Burundi éclate au grand jour et prendre davantage de mesures pour tenter de résoudre la situation avant 2020», conclut HRW.

Depuis quatre ans, le Burundi est en situation de grave crise politique et sécuritaire née de la décision du Président Pierre Nkurunziza de briguer un 3ème mandat jugé illégal par l’opposition et la société civile. Les violences consécutives à cette crise ont déjà fait plusieurs milliers de morts et poussé des centaines de milliers d’autres à fuir le pays.