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Une commission électorale déterminée à remettre la victoire au gouvernement et au CNDD-FDD


Selon le journal Daily Mail du Royaume Uni, un haut responsable de la commission électorale au Burundi a appelé à l'interdiction des médias indépendants de couvrir les élections présidentielles programmées en 2020 dans ce pays d'Afrique de l'Est, ont rapporté mercredi la presse locale et des témoins.

Jean Anastase Hicuburundi, de la Commission électorale nationale "indépendante", a demandé instamment que des mesures officielles soient prises pour "bloquer la voie aux médias qui ne veulent pas suivre la voie empruntée par le gouvernement".

"Ils ont tout fait pour mettre le pays à genoux", a-t-il déclaré à un public de journalistes et de groupes de la société civile à Bujumbura.

Les commentaires ont été rapportés par SOS Media Burundi et confirmés à l'AFP par deux sources présentes. SOS Media Burundi est l’un des rares points de presse indépendants à rester dans un pays classé parmi les pires au monde en matière de liberté de la presse.

Le Burundi est dans la tourmente depuis que le Président Pierre Nkurunziza a annoncé sa candidature pour un troisième mandat en avril 2015. Il a été réélu sans opposition en juillet de la même année.

La violence a coûté la vie à au moins 1 200 personnes et en a déplacé plus de 400 000 entre avril 2015 et mai 2017, selon les estimations de la Cour pénale internationale qui a ouvert une enquête.

Hicuburundi, le commissaire chargé des opérations électorales et du contentieux électoral, a déclaré que les médias indépendants étaient à blâmer pour les violences de 2015 qui "ont paralysé le pays".

"Vous avez été témoin des événements de 2015. Ce sont principalement les médias indépendants qui ont reçu de l'étranger la mission de créer le chaos", a-t-il déclaré.

"Le peuple burundais doit se dissocier des médias qui ne soutiennent pas l'action du gouvernement".

Les médias indépendants du Burundi étaient parmi les plus dynamiques de la région jusqu'à la crise de 2015, lorsque plusieurs stations de radio et de télévision ont été détruites et qu'une centaine de journalistes ont été contraints à l'exil.

En mars, il a été interdit à la BBC et la VOA d’opérer au Burundi. Les autorités médiatiques du pays avaient déjà suspendu les émissions de radio FM de la BBC et de Voix d'Amerique l'année précédente.

Le Burundi est classé 159ème sur 180 pays dans le dernier indice de la liberté de la presse établi par Reporters Sans Frontières.