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Accusé de violations généralisées et systématiques des droits de l'homme, le gouvernement burund


Gaston Sindimwo, premier vice-président du Burundi

Dans une interview accordée à nos confrères du journal Region Week, le premier vice-président de la république du Burundi, Gaston Sindimwo déverse dans la paranoïa et se cache derrière le mur de " complot international contre le Burundi" pour justifier tout manquement, chaque accusation et tout problème aux quels fait face le régime dont il est numéro 2.

Region Week: Monsieur le Vice-président, 1 000 soldats burundais ont récemment été touchés par un retrait soutenu par l'ONU et ont été rapatriés de Somalie. Votre commentaire? Est-ce un signe de faiblesse dans la diplomatie burundaise?

Gaston Sindimwo: Le Burundi est soumis à un complot international. J'ai participé à la réunion qui a décidé de réduire le nombre de soldats en Somalie de 1 000 par an. Cette décision devrait affecter tous les pays contributeurs en troupes proportionnellement à leur nombre déployé sur le sol somalien. Mais ce sont les seules troupes burundaises touchées par la mesure, cela fait partie d'un complot international qui remonte à très longtemps. Nous en prenons note.

Nous ne sommes pas allés en Somalie pour devenir riches, mais pour aider nos frères somaliens à recouvrer la paix. Si la paix était rétablie, nos forces seraient rentrées longtemps au Burundi. Nous ne serons pas en Somalie pour toujours car nous ne sommes pas une force d'occupation. Nous sommes une force de maintien de la paix. Le jour où la paix sera rétablie en Somalie, nous partirons. Et si l'Union africaine estime que nos forces ne sont plus nécessaires en Somalie, nous allons faire nos bagages et rentrer au Burundi. Nos hommes ont beaucoup d'activités à faire dans leur pays.

Region Week: Le Burundi est toujours sur la défensive dans les organes de l'ONU, que ce soit au Conseil des droits de l'homme à Genève ou au Conseil de sécurité des Nations Unies à New York. Comment le pays va-t-il sortir de cette situation?

Gaston Sindimwo: Nous sommes soumis à un complot international, c'est pourquoi le Burundi est sur la défensive. Au cours des quatre ou cinq dernières années, il y a eu une série de résolutions et de recommandations sur le Burundi. En termes de nombre, ils sont 10 fois ou plus supérieurs à ceux qu'a connus le Burundi depuis l'indépendance. La question sous-jacente était le troisième mandat (ndlr: du président Pierre Nkurunziza). Cette question est-elle toujours à l'ordre du jour?

Region Weekly: Monsieur le Vice-président, nous nous dirigeons vers les élections de 2020? Peut-on savoir où se trouve le Burundi quant a la préparation à différentes élections? Quel est le coût estimé de ces élections et la contribution de chaque Burundais?

Gaston Sindimwo: Le gouvernement du Burundi a très bien préparé les élections. Les instruments électoraux, à savoir la Constitution et le code électoral, sont déjà là. Pour le moment, le Burundi se dirige directement vers la tenue des élections. Le Burundi est disposé à organiser les élections avec ses propres moyens. Les élections seront financées principalement par les moyens de l'État et par les contributions de ses citoyens.

Region Weekly: Mais il y a encore de nombreux réfugiés, notamment au Rwanda, (ndlr: en Tanzanie) et en Ouganda, etc.?

Gaston Sindimwo: Depuis 2015, le Burundi appelle les réfugiés burundais à se rapatrier. Beaucoup sont rentrés dans leur pays et d'autres hésitent encore. Nous saisissons cette occasion pour réitérer le même appel: inviter tous les habitants de l’extérieur à rentrer chez eux pour consolider davantage la démocratie avec leurs compatriotes présents dans le pays. Le Burundi est prêt à faciliter leur réinstallation avec leurs biens et services.

Region Weekly: À un an des élections de 2020, peut-on savoir si l’espace politique est ouvert à tous les acteurs de la vie politique du Burundi?

Gaston Sindimwo: L'espace politique est ouvert aux hommes politiques qui sont libres de voyager dans le pays tant qu'ils respectent les règles et enseignent la paix. Il y a des politiciens qui mettent en garde la communauté internationale contre une prétendue restriction de l'espace politique. Ils oublient volontairement de mentionner que, mis à part le CNDD-FDD et certains autres partis, de nombreux autres partis politiques n'ont pas les moyens financiers de payer leurs tournées à travers le Burundi.

Region Week: Dans le domaine de la justice, un mandat d'arrêt international a été lancé contre l'ancien président Pierre Buyoya pour sa participation présumée au coup d'État de 1993 contre Melchior Ndadaye. La justice n'a-t-elle pas anticipé ce que pourrait faire la Commission de vérité et réconciliation sur cette question?

Gaston Sindimwo: Nous laissons la justice et la Commission de vérité et réconciliation jouer leur rôle. La justice burundaise est indépendante et nous attendons le rapport de la Commission Vérité et Réconciliation.

Region Week: Le Burundi pense qu'il est préférable de régler d'abord le différend avec le Rwanda avant de parler du dialogue inter-burundais… que dites-vous?

Gaston Sindimwo: La question du dialogue inter-burundais est close depuis la dernière réunion des chefs d'État et de gouvernement de la CAE. En dehors du dialogue initié par le gouvernement burundais, il n'y en a pas d'autre. Aujourd'hui il est l'heure des élections de 2020. Ceux qui pensent qu’ils peuvent avoir un autre dialogue se trompent, c’est une perte de temps.

Region Week: Vous êtes du parti UPRONA, comment votre parti se prépare-t-il aux prochaines élections?

Gaston Sindimwo: Aujourd'hui plus qu'hier, tous les militants du parti UPRONA sont déterminés à se rendre aux élections en s'unissant. Malgré certains différends au sein du parti, tous les militants ont les yeux tournés vers les élections de 2020. De bas en haut, nous avons mis en place des organes capables de tirer le parti vers des élections. La priorité pour tous est les élections de 2020 avec l'objectif de récupérer la place qui était celle de l'UPRONA depuis très longtemps.