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Human Rights Watch dénonce la répression «contre la dissidence» au Burundi


L’ONG des droits de l’homme Human Rights Watch a dénoncé la répression du gouvernement burundais «contre la dissidence» après la saisie des biens « putschistes », dont ceux «des journalistes et des défenseurs des droits humains», a-t-on appris de la déclaration de Lewis Mudge Directeur du Bureau Afrique Central de HRW. «L’ordre donné par le président de la Cour suprême du Burundi de saisir les biens de plusieurs défenseurs des droits de l’homme et journalistes reconnus et aujourd’hui exilés est une nouvelle preuve de la répression du gouvernement contre la dissidence», a-t-il déclaré sur twitter dans la nuit de mardi à mercredi.

HRW rappelle que les personnes ciblées sont, pour la plupart, en exil, après la suspension de leurs organisations. «Un grand nombre des personnes ciblées ont déjà vu leurs organisations et leurs organes de presse suspendus et ont été forcés de fuir le pays», a-t-il déclaré.

Cette organisation a en outre dénoncé la poursuite de la répression des opposants au Burundi.

«Entre temps, avec les élections de 2020 qui arrivent à grands pas, la répression contre l'opposition politique au Burundi se poursuit dans l'ombre, en toute impunité», a ajouté Lewis Mudge.

Le 15 mai, le procureur général de la République du Burundi Sylvestre Nyandwi, et le président de la cour suprême François Nkezabahizi ont ordonné, « avec effet immédiat », la saisir des immeubles et propriétés appartenant à 32 « putschistes » dont des défenseurs des droits humains et des journalistes. Ils sont accusés de participations à la tentative de coup d’état du 13 mai 2015. L’opposition radicale a immédiatement qualifié cette décision de «pillage systématique des personnalités de l'opposition, des grandes figures de la Société civile et des journalistes des médias indépendants».

Il s’agit d’un «comportement d’un gouvernement voyou », a déclaré sur twitter le CNARED (Conseil National pour le respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de l’Etat de droit), principale plateforme de l’opposition en exil.

Pour rappel, une tentative de coup d’Etat a été perpétrée au Burundi le 13 mai 2015. Elle était dirigée par le Général Godefroid Niyombare, ancien chef du Service des Renseignements (SNR).

Ce coup manqué est intervenu trois semaines après le début des manifestations populaires suite à la décision du Président Pierre Nkurunziza de briguer un 3ème mandat jugé illégal.

Le putsch n'a cependant pas fait long feu et a rapidement été étouffé par les militaires loyalistes du régime.

Mais depuis lors, le Burundi reste secoué par grave crise, émaillée de violences. Plusieurs milliers de personnes ont été tuées et des centaines de milliers d’autres ont déjà fui le pays.